voeux 2017

Posté par lobop le 16 janvier 2017

Pour cette nouvelle année, je souhaite m’adresser aux enfants, aux graines du futur, à nos femmes et hommes en devenir.

 

Je vous souhaite un monde dans lequel vous ne serez plus les perdants de l’histoire,

où vous ne serez plus les victimes de l’idiotie crasse de vos aînés,

où vous ne serez plus les dommages collatéraux des guerres adultes et absurdes.

 

Je vous souhaite de grandir dans une paix essentielle à votre développement.

Je vous souhaite de ne pas avoir à grandir trop vite, trop tôt.

Je vous souhaite la liberté totale dans vos choix.

Je vous souhaite l’empathie, la tolérance, l’amour et la joie.

 

Alors, peut-être vous serez l’espoir du monde.

Peut-être ce sera vous qui le changerez, l’apaiserez, l’embellirez.

Je ne serai sans doute plus là pour le voir, mais cela n’a pas d’importance.

Faites taire les adultes, ce monde vous appartient, faites-le vôtre et façonnez le à votre image.

 

Mes meilleurs vœux à vous, mes enfants du monde entier.

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Balzac café

Posté par lobop le 24 février 2013

Je me souviens d’Hanovre sous la neige.

Je me souviens d’un vieil homme noir avec une barbiche blanche.

Je me souviens de la beauté de ses rides et de ses yeux perçants.

Je me souviens d’un chocolat chaud que je bus ce jour-là, enfoncée dans un fauteuil en cuir, regardant la neige tomber par la fenêtre d’un Balzac café.

Je me souviens de l’église en briques rouges et du toit devenu blanc.

Je me souviens des gens qui faisaient leurs courses de noël en parlant joyeusement allemand.

Je me souviens que c’était une courte escale sur la route me menant à Berlin.

 

Je me souviens de notre nuit ensemble.

Je me souviens comme nous étions passionnés, pressés de nous aimer si fort, conscients que ce serait là notre seule nuit.

Je me souviens du goût de cannelle sur ta bouche et de tes cheveux noirs, bouclés dans lesquels j’emmêlais mes doigts.

Je me souviens du frisson de plaisir quand tu me susurrais à l’oreille des mots en arabe.

Je me souviens avoir imaginé ce qu’ils voulaient dire, refusant de connaître leur réelle signification. Pour laisser la magie vivre dans l’instant.

 

Je me souviens du regard du vieil homme noir si compatissant quand je te quittais au petit matin. Si doux que j’eus l’envie de l’embrasser.

Je me souviens avoir pleuré devant mon petit déjeuner au Balzac café.

Je me souviens que ce paysage de neige correspondait parfaitement à ma mélancolie.

 

Berlin, je ne devais penser qu’à Berlin, et à l’homme qui m’y attendait.

C’était si dur de te faire sortir de mon esprit.

Toi tu repartais vers le sud, vers le soleil, vers la méditerranée, vers ta femme.

Je voulais arrêter le temps et te rejoindre dans la chambre où je t’avais laissé sans dire adieu, sans même te réveiller.

Ç’aurait été impossible de te quitter éveillé.

Je me souviens avoir passé mes mains là où tu m’avais caressée, tentant de raviver la sensation de tes mains chaudes sur ma nuque, mes épaules, mon visage.

 

Jamais aucun baiser n’a plus été comme les tiens.

Jamais je n’ai retrouvé la cannelle sur des lèvres.

 

Ma mémoire s’est arrêtée ce jour-là, je ne me souviens de rien après cela.

Je n’ai plus rien aimé après toi.

Mon amour est resté à Hanovre, engloutie sous la neige, là, devant l’entrée du Balzac café.

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Les toits d’ardoise

Posté par lobop le 26 avril 2012

La pluie, des toits d’ardoise, une vue d’un appartement, cinquième étage, ce n’était pas le mien. Je me rappelle, c’était une vue magnifique, sur la pluie, sur les toits d’ardoise. C’était il y a … 8 ans, 9 ans peut être. Je ne me rappelle plus la saison, juste à peu près, l’âge que j’avais.

Le ciel gris me renvoie un souvenir diffus, comme une odeur, comme la musique d’un vieux film. Et je me dis « oui, c’est vrai, j’ai vécu cela. » Ce moment où je regardais par la fenêtre, seule dans cet appartement qu’on m’avait prêté pour la nuit. Je m’étais dis : « je pourrais vivre avec juste cette vue, malgré l’appartement sans charme, la vue me suffirait. »

De retour chez moi, mon nouveau chez moi. Que je n’ai pas encore investi, pas vraiment. Je repousse ce moment, parce que … j’ai envie de vivre autre chose, des voyages, des rencontres, des aventures. J’ai peur qu’il se passe la même chose que les fois d’avant, quand j’ai investi d’autres appartements, l’endormissement dans un confort feignant effaçant le désir de vie.

J’y ai mes meubles et mes affaires, mais mon âme ne s’y est pas encore installée. Elle est ailleurs, mais je ne saurais dire où exactement. Elle est dans le feu du désir de vivre, de bouger, de partir loin chercher … chercher quoi ? Tout, rien, la vie, les gens. Rester ici et m’endormir dans mon quotidien me paraît horrible, impossible, et pourtant, j’ai bien peur de succomber à nouveau.

J’ai mis des années à me créer un cocon, avec des livres, des meubles, des objets et des tissus. J’ai envie à présent de le déchirer et de prendre le risque de m’envoler. J’ai très peur, je ne sais pas si j’arriverai à surmonter cette peur.

Qu’étais-je il y a 8 ans ? Je rêvais d’un cocon, je n’avais pas d’appartement, j’allais à droite à gauche et goutais à ceux des autres.

Partir, loin, pour retrouver ce plaisir simple d’une vue de pluie sur des toits d’ardoise.

Jouir de ce petit bonheur en me disant qu’au final, je pourrais bien me contenter de cela.

 

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Colonge La Rouge

Posté par lobop le 19 janvier 2012

Elle a existé, dans ma mémoire, pendant tant d’années.

Cette ville là, où tu étais, où nous étions, le temps d’un regard.

Le temps infini où mes yeux ont reçu l’impacte des tiens.

Elle a existé, pendant des années, cette salle où nous avons dansé.

Où nos corps ont commencé à faire connaissance, à se découvrir, à se faire confiance.

Pour se rendre compte bientôt qu’ils s’entendraient à merveille. Une certitude à découvrir.

Cette salle-même où j’ai entendu ta voix confesser le désir de ton cœur.

Elle a existé, pendant des années, cette route en pleine nuit où je t’ai laissé.

Où je t’ai abandonné sans que rien ne se soit passé.

Où je t’ai regardé t’éloigner, les mains agrippées au volant pour ne pas flancher.

Cette longue route qui n’en finissait pas de m’emmener loin de toi. Cette amie qui dormait à coté. Et la solitude qui m’enveloppait, de ne pouvoir parler, de ne pouvoir pleurer, de ne pouvoir hurler.

Cette ville je l’ai revue plus tard, et je cherchais ton ombre à chaque coin de mur. Je savais que tu n’y étais pas.

Et c’est justement ça, ton absence, qui a fait que cette ville n’existait pas, n’existait plus.

Elle ne voulait plus rien dire, elle avait perdu son essence, son charme et sa raison.

Je l’ai trouvée laide, d’un coup, de ne point te porter.

D’être là bas sans toi, entourée de gens qui ne te connaissaient pas … odieuse absurdité, violente injustice.

Ils ne savaient pas, ceux qui m’accompagnaient, ce que nous avions vécu ici, ce que cette ville avait vu naitre, la magie, la douloureuse et pure magie.

Cette ville n’existait plus, pas plus que celle où je t’ai déposé ce soir là.

Je suis partie de cette ville, après un café insupportable.

Je jouais dans une autre ville à coté.

Une ville ne portant pas ton emprunte, une ville qui n’avait pas connu notre rencontre.

J’ai pu jouer, dans cette ville neuve. Dans l’autre je n’aurais pas pu je crois.

Pourquoi jouer dans une ville qui n’existe pas ?

Et quand j’y repense, quand l’envie brûlante me prend de remonter le temps, je laisse passer les heures. Il n’y a que ça que je puisse faire.

Les heures longues qui me rapprochent un peu plus du jour où je ne te reverrai pas.

Les heures courtes qui m’éloignent toujours plus du jour où j’ai cru te revoir.

Je ne reverrai plus Colonge La Rouge et sa petite sœur.

Elles n’existent plus.

Les villes fantômes ne vivent que dans les souvenirs.

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seule

Posté par lobop le 13 décembre 2011

La douleur de la solitude se fait parfois très forte, beaucoup trop forte.

Quand je regarde autour de moi et que je vois toutes ces femmes qui sont mes amies et qui sont en couple.

Qui ont trouvé un homme bon qui les aime tellement fort, qui les soutient.

Et moi, non je n’ai personne, je n’ai pas un homme qui m’aime et me soutient, qui soit prêt à se battre pour moi, qui soit prêt à chambouler sa vie pour que j’en fasse partie.

 

Et puis parfois ce n’est pas ça, parfois c’est juste ces jours qui s’enchainent et où je me rends compte que les hommes que je regarde ne me regardent pas, que je n’existe pas à leurs yeux.

 

Et puis aussi il y a ces moments où je sens, je sais que s’ils venaient à me regarder je gâcherais tout.

Par peur, par méfiance, par je ne sais quoi.

Par désir de cette solitude qui fait de moi ce que je suis.

Qui fait naître ce désir de création, ce désir d’aventure solitaire.

Qui me fait écrire, jouer, voyager.

 

Quand on me demande pourquoi, comment, je ne trouve personne, je ne sais pas quoi répondre, je ne sais plus, avant je disais que c’était un choix, que j’aimais trop ma liberté.

Aujourd’hui je ne suis plus sûre, de rien. Alors je me tais.

 

Il est certain que je suis amoureuse de ma liberté, il est certain aussi que je suis devenue très méfiante envers l’amour qui m’a fait tant de mal.

Mais il y a aussi un certain confort dans la solitude.

Et je fuis le confort, je ne veux pas du confort, car il est la mort de l’art.

Je voudrais trouver un équilibre je crois entre le confort et la souffrance.

Je sais bien que la souffrance me fait avancer et que le confort m’endort.

 

Je me trompe peut être, je suis sans doute totalement à côté de la plaque.

Je n’ai aucune certitude, je hais les certitudes.

 

Je ne tiens pas en place, je bouge sans arrêt, dans ma tête, dans ma vie, je ne sais pas ce que je serai demain.

Je ne veux pas le savoir, pourvu que je ne sois pas la même qu’aujourd’hui ou que le jour d’après.

 

Je donne tout ce que j’ai, tout ce que je suis.

Je ne me sens à la hauteur que dans le travail.

À condition de me donner à fond.

C’est ce que je fais, ça me permet de me respecter.

 

Je joue, je crée des personnages, je les construis dans les moindres détails, corporels, psychologiques, émotionnels.

Parfois je suis perdue, parfois je me demande qui je suis pour prétendre savoir comment un être humain fonctionne.

L’angoisse monte alors, prend sa place, puis je la chasse par le travail.

Je recherche, en moi, chez les autres, les réponses.

 

Et mon personnage prend vie. Dans ma tête en premier, puis je le joue ou je l’écris.

Je le fais vivre, je lui donne des choses à défendre, des gens à aimer, des colères à brûler.

 

Je n’ai pas assez de travail, jamais assez non, jamais assez.

 

Pourquoi suis-je seule ? Et bien, je n’en sais rien.

Je n’ai pas de réponse réelle, concrète.

Mais on dirait qu’il le faut, pour un temps, peut être pour toujours.

La vie seule le sait, ou ne le sait pas.

Qu’importe, je suis peut être tout simplement trop lâche pour être avec quelqu’un, ou bien impossible à aimer.

 

Je n’ai aucune certitude, je n’ai rien à apporter à qui que ce soit, j’ai trop peur d’être dépendante de quelqu’un, j’ai trop peur qu’on soit dépendant de moi.

 

Pourquoi suis-je seule ? Parce que cela ne peut être autrement.

Pour l’instant, peut être pour toujours.

 

Qu’en sais-je ?

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Les clowns

Posté par lobop le 8 décembre 2011

À trébucher sur les clowns, on en vient à se méfier des rires.

Par leurs joies feintes les clowns attirent.

Ce sont des êtres tristes qui ne savent pas vivre seuls leur désespoir.

Ils le partagent, par des gags vides de sens, par des pirouettes maladroites, ils insinuent l’obscurité dans le cœur de leurs victimes.

 

Bientôt celles-ci ne comprennent plus, quand elles ne sont plus la cible des roulades et des blagues.

Elle ne récupèrent que la dépression d’après spectacle.

Elles doivent panser les plaies, elles doivent consoler le clown, pour lui permettre de faire rire encore, le lendemain, d’autres qu’elles.

 

À vivre avec un clown on apprend que la joie ne nous est pas destinée.

Il danse et saute pour des inconnus, il virevolte pour un public extatique.

Il se fait adorer des étrangers.

On parlera de lui comme le plus drôle, le plus gentil, le plus agréable.

 

Et puis la nuit, dans la caravane, il se transforme, il devient le contraire de lui même … lui même … on ne sait plus bien qui il est.

Plus de sourire, plus de joie, plus d’envie.

 

Il montre le pire de lui, il se fait taciturne, idiot, blessant.

Et comme excuse il dira que se forcer à rire et devoir chaque jour amuser un public, est le pire des métiers.

 

Au bout d’un temps on ne comprend plus très bien pourquoi on vit avec ce clown.

On le regarde jouer, pour eux, et on se souvient ce qu’on a tant aimé, ce qui nous a attiré et qui a disparu.

On fait renaître la flamme en l’observant entouré de public.

Mais il n’a aucun regard pour nous, ce monde là, nous n’en faisons pas partie, nous n’y sommes pas les bienvenues.

 

Et puis un jour, on espère trouver la force de le quitter.

On a très peur, mais parfois on y arrive.

Parfois, c’est lui qui part … en nous reprochant d’être devenue triste.

 

Quelle ironie, il nous place comme son tortionnaire, on est accusée de lui voler son rire, d’étouffer ses joies …

alors le clown part et la vie revient.

 

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Tetris

Posté par lobop le 4 novembre 2011

Dès que je ferme les yeux, j’empile des lignes de Tetris dans ma tête.
Je n’arrive pas à contrôler ce phénomène qui me tient éveillée pendant des heures.
Pendant que j’empile les pièces du jeu en pensée, j’imagine, je rêve, de tout ce qui aurait pu être, de tout ce qui pourrait être.
Je discute avec beaucoup de gens, je leur dis beaucoup de choses … ou bien je rêve d’autres gens que je ne connais pas et j’imagine de nouveaux échanges, une autre vie.

Je forme mes lignes de Tetris, comme un puzzle où chaque pièce trouve sa place.
Je cherche une logique dans ma vie, j’ai tellement besoin que les choses aient un sens, une raison d’être, un but ; que je n’arrive pas à accepter l’absurde, le chaos.
Les pièces de Tetris s’emboîtent, telles mes pensées, mes souvenirs, qui s’entrechoquent et se croisent pour tenter de trouver des réponses.

Mais je n’en trouve pas, alors le rêve prend sa place, le fantasme m’emporte vers des espoirs fous tandis que le Tetris, abominable tortionnaire, continue de me tenir éveillée.

L’angoisse monte, la peur, de ne pas réussir à bouger ce que je suis, à vivre la vie dont je rêve, à devenir la femme que j’ai toujours rêvé d’être.
Mais qui me fait tellement peur car je ne la connais pas.
Je ne peux qu’imaginer ses qualités, ses victoires, sa force. Mais j’ai peur de ses défauts, je n’arrive pas à deviner lesquels ils seraient.
J’imagine ses souffrances aussi grandes que la solitude nécessaire à une telle vie, à une telle femme.

J’ai peur de souffrir, j’ai peur de me transformer en un être qui ne sera plus capable d’apprécier les bonheurs simples de la vie.
J’ai peur de ne plus réussir à laisser entrer l’amour dans mon cœur.

Le Tetris … à quoi servent ces épreuves ? À quoi sert cette pièce ?
Seulement à m’emmerder ou bien sert-elle un plus grand dessein ? Un futur dont je ne soupçonne même pas l’existence ?

Y a t-il vraiment une raison à chaque chose ou bien tout n’est-il que chaos, un peu plus dur à chaque niveau jusqu’au game-over ?

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Ton nom

Posté par lobop le 29 septembre 2011

« je peux encore garder ton nom,
je peux aussi dire que je l’aime. »

Ces deux vers m’obsèdent, me torturent depuis des heures.
Parce-qu’ils résonnent en moi, parce-que depuis des années que je connais cette chanson, ils ne prennent vraiment leur sens qu’aujourd’hui.

Un homme peut-il aimer comme une femme ?
Je me demande.
Il semble le plus souvent que non.
Mais quand j’entends ces deux vers, il semble pourtant que si.

Ton nom … est une musique qui fait naître dans ma drôle de tête, tout un flot d’émotions confuses.
Douleur, amour, faim, désespoir, rêves, tristesse, révolte, désir …
Il n’y a pas assez de mots pour dire à quel point je suis perdue dans ce tourbillon.

Égarée ? Ce n’est pas assez.
Et puis, égarée semble dire qu’on s’est légèrement trompé de chemin, qu’on n’est plus sur la route mais pas si loin.
Moi j’ai pris un sentier qui m’a menée au milieu d’un désert, immense, vide, sans aucun panneau, aucune direction.
Quand j’ai voulu rebrousser chemin, le sentier avait disparu.

Alors j’erre, assoiffée, affamée, à essayer de ne pas perdre trop de force à crier … ton nom.
J’ai tenté de le taire, ne plus le prononcer pour ne plus l’entendre.
Mais les vents dans ce désert sont mesquins.
Ils me le susurrent à l’oreille, et toujours quand je m’y attends le moins.
Je crois prendre un chemin et j’entends ton nom, ma tête tourbillonne et je suis de nouveau perdue.

Je pourrais tenter de me repérer aux étoiles pour retrouver ma route … si seulement j’avais appris cet art, si seulement j’avais appris à m’orienter grâce aux astres …
pour cela il aurait fallu que durant ma vie mes yeux soient tournés vers le ciel.
Ils ne l’étaient pas.
Trop occupée à tenter de comprendre la terre, je ne savais pas qu’il était permis de lever les yeux au ciel … passons.

Aujourd’hui je scrute les étoiles, mais je n’y comprends rien.
Elles parlent un langage qui m’est inconnu.
Elles me taisent leurs secrets et rient de me voir aussi perdue.
Si si, ce sont bien des rires, je les entends.

Avant d’essayer de me repérer aux étoiles, j’ai tenté de le faire grâce au soleil.
Repérer le nord et s’y tenir.
Mais le soleil, dans ce pays, est complètement fou.
Il me fait des farces et je tourne en rond.

M’entends-tu râler, grogner en piétinant le sable de mes pieds nus ?
Ce serait justice que tu m’entendes, puisque c’est ton nom qui me perd.
Et dans l’espoir que tu m’entendes, je grommèle, je râle… exclusivement la nuit, pour t’empêcher de dormir … je suis mesquine, autant que les vents qui murmurent … ton nom.

Les premiers jours, j’ai fait des châteaux de sable, puisque je n’ai pas souvent l’occasion d’aller à la plage.
J’ai voulu en profiter, je suis retombée en enfance.
Mais les châteaux se sont effondrés, il n’y a pas d’eau dans ce désert.
Sans eau, les châteaux ne tiennent pas, qu’ils soient de sable ou en Espagne.
Et, dois-je le préciser, sans vie, les rêves ne tiennent pas non plus.

Alors j’ai arrêté là ma carrière d’architecte, j’ai abandonné les constructions de sable…
Enfin, je fais une petite maison de temps en temps, puis portée par mon élan il m’arrive souvent de faire tout un village.
Et le tout s’effondre, je retombe sur mes fesses.

Ce pays grave ton nom dans les collines, parfois les nuages … je deviens folle peut être.
Des hallucinations ? Oui, on m’a soumis l’idée.
Mais il y a quelque chose d’étrange tout de même à ce que je perde la raison si brusquement.
Non, je crois qu’il y a un peu des deux.
Le désert qui s’amuse à me torturer avec ton nom, et moi qui ne vois que ça.

Si seulement je pouvais trouver ici ne serait ce qu’une fleur, une mauvaise herbe, qui ne porte pas ton nom …
Je la ferais mienne, elle n’appartiendrait qu’à moi, et nous guiderait, mon égoïsme et moi, vers la sortie la plus proche …
une fleur hôtesse de l’air dans un avion désert …

Ça y est, je déraille complètement, trop de soif, trop de faim, trop de ton nom.

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La vieille dame

Posté par lobop le 22 septembre 2011

Elle les quittait toujours quand la passion commençait à disparaître.
Toujours. Elle ne voulait pas que la routine s’installe, elle refusait l’ennui.
Elle préférait être seule plutôt que d’être avec un homme sans être dévorée de passion.

Ils le prenaient mal pour la plupart.
Mais ils ne l’accusaient pas pour autant.
Peut être parce-qu’elle les avait prévenus dès le départ.
Peut être parce-qu’elle savait les choisir.
Peut être parce-qu’ils étaient tous trop fiers pour avouer leur souffrance.

Fiers, oui. Elle les choisissait pour cela.
Elle savait qu’au bout du compte leur fierté serait leur salut.

Elle avait vu un film, un certain soir au cinéma, avec des amis.
En regardant ce film où deux adolescents s’aimaient tendrement, elle avait su que quelque chose était bien mort en elle.
Cette pureté, cette innocence, cette naïveté et cette confiance face à l’amour.
Elle l’avait vécue, il y a bien longtemps, si longtemps qu’elle n’en gardait que de vagues souvenirs diffus.

Elle sut ce soir là que c’était terminé pour elle.
Qu’elle n’aimerait plus jamais de cette manière.

Elle était devenue vieille.
Une vieille dame désabusée et tellement lucide face à l’espèce humaine qu’elle ne faisait confiance à aucune joie.
Qu’elle ne croyait en aucun espoir.

Les compliments la faisaient rire quand ils venaient d’hommes mûrs.
Car elle devinait la concupiscence qu’ils cachaient.
Ces mêmes compliments la rendaient triste quand ils venaient d’hommes jeunes.
Car elle voyait tout l’espoir qu’ils plaçaient en l’amour et toutes les déceptions qu’ils seraient forcés de subir en vieillissant.

Elle provoquait l’admiration chez certaines jeunes femmes, mais elles ne savaient pas qu’il n’y avait que de la tristesse là où elles voyaient de la force, que du cynisme là où elles voyaient de l’humour.

Quand le désir remplace l’amour, quand le fatalisme remplace la douleur.
Que reste-t-il ?
Voici une question qu’elle se posait tous les soirs.
« que suis-je en train de devenir ? »

Pour ne pas devenir folle, elle rêvait chaque jour.
Elle rêvait d’un homme qui saurait faire renaître tout cela en elle.
Elle rêvait d’une relation pure, harmonieuse et exaltante.

Mais quand elle fouillait un peu plus dans son imaginaire trop développé, elle se rendait bien compte qu’elle n’y arriverait pas.
Que même si elle rencontrait un tel homme, elle ne serait pas à la hauteur.
Trop méfiante, trop cynique, trop solitaire.
Elle gâcherait tout.
Et ce qui l’inquiétait le plus au final, c’est que cette vérité là ne lui donnait même plus envie de hurler.

Elle avait tellement aimé être amoureuse.
Elle l’avait été toute sa vie, de plusieurs hommes.
Elle avait confiance, elle savait à l’époque qu’elle portait l’amour en elle et qu’elle saurait toujours trouver un homme à qui le donner.

Mais ce n’est pas la disparition de l’amour qui a fait ce qu’elle est devenue.
C’est la connaissance de l’être humain.

Elle idéalisait les hommes et c’est ce qui lui permettait d’aimer à ce point.
Mais la vie faisant son œuvre, elle apprit à reconnaître les faiblesses, les névroses, les vices de l’être humain.

L’amour qu’elle avait et qui était si pur, si lumineux refusa d’être offert à des êtres aussi instables.
Alors il s’en alla.
Peut être le laissa t elle partir.
Peut être n’avait elle pas la force de le retenir.
La question n’est pas de savoir si elle était fautive ou non.

L’amour s’en alla et laissa un grand vide derrière lui.
Elle tenta de le combler par le désir, l’érotisme.
Mais cela aussi la lassa.

Elle avait toujours su finalement qu’un jour elle serait seule.
Quand elle cesserait de camoufler son intelligence qui effrayait tant ses compagnons.

Et elle avait désiré cette solitude depuis l’enfance.
Elle l’avait appelée si fort.
Elle avait tant prié pour être capable de se passer des autres.

Alors elle ne pouvait pas être en colère contre la vie qui l’avait menée là.
Car au final, elle avait réalisé son rêve.
Un rêve amer.

Tellement apte aujourd’hui à se passer des autres qu’elle en était incapable d’aimer un homme.

Elle ne regrettait pas non, elle savait qu’elle devait en passer par là, par cette étape, et elle en retirera toutes les leçons qu’elle contient.

Elle espère juste que la prochaine sera moins douloureuse.
Mais elle en doute.
Elle se surprend déjà à souhaiter, à prier alors qu’elle sait que c’est de là que son état est venu.

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Malédiction

Posté par lobop le 20 septembre 2011

Non non, je ne dors pas. Non non, toujours pas.
Il y avait des choses étranges dans l’air, aujourd’hui, ce soir, cette nuit.
Ce sont ces choses là qui m’empêchent de dormir.
Ça, et les rêves éveillés…

Ces choses que je n’arrive pas à définir, à nommer, à reconnaître.
Les conversations, oui, des gens autour, tellement à vif.
Comme si je pouvais percevoir derrière leurs voix, leur détresse, leur violence.
« Regardez moi ! Écoutez moi ! »

Chaque mot, chaque parole, chaque voix criait la même chose.
« Je te hais toi serveur qui attire le regard de celle que je convoite. »
« Je te hais toi client qui me traite comme un serviteur. »
« Je te hais toi ami qui n’accorde pas assez de crédit à ce que je dis. »
« Je te hais toi femme qui ne me regarde pas. »

Tant de cris, de rires forcés, pour extérioriser la douleur dans l’urgence.
Hurler la souffrance tout en faisant comme si … tout allait bien.

Sont ils sourds pour ne pas s’entendre ? Pour ne pas entendre la haine qu’ils crachent tous ?
Sont ils aveugles pour ne pas voir qu’ils sont tous en train de se tordre de douleur ?
Sont ils idiots pour croire qu’ils sont les seuls à crier ? Pour croire que les autres sont différents ?
Comme des pantins finalement, qui ne souffriraient pas, qui ne vivraient pas ?

Je me suis tu. J’ai écouté tous les cris.
J’ai vu leurs contorsions de douleur.

Après je n’ai plus pu parler.
Choquée par tant d’horreur.
Comme si j’étais étrangère, comme si j’avais comme malédiction la lucidité dans un monde de fous.

Ils ne m’intéressaient pas non, car je savais tout d’eux.
Et sans aucune prétention, j’ai été surprise moi même de cette clarté, de cette compréhension …
Je me suis tu et j’ai attendu … que le calvaire cesse…

Comme un rêve de fièvre. Un cauchemar de guerre.
Qu’on ne peut pas contrôler, qu’on est condamné à regarder.
Spectateur de l’innommable.
Témoin de l’horreur.
Sans pouvoir rien faire, ni se battre, ni crier, ni mourir.
Les yeux grands ouverts à regarder ce qui ne devrait pas être vu, ce qui ne devrait pas exister.

La haine installée dans les âmes.
La peur ancrée dans les souffles.
Les voix, mélodies d’agression.

Cette société change l’humain en monstre.
Et moi … je ne dors toujours pas.

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