Mon Naturel

Posté par lobop le 18 mars 2015

J’ai perdu mon naturel.

Il était là, pas loin derrière moi, et puis je me suis retournée et POUF, plus rien.

Vous l’auriez pas vu par hasard ?

 

Parce que vous voyez, mon naturel il est plutôt sympa d’habitude, il me tient la main et me rassure, on s’entend bien tous les deux.

Mais là je crois qu’il a eu peur, je suis bien emmerdée maintenant, va falloir que je fasse quelque chose.

 

C’est qu’il est timide mon naturel, il est craintif.

Il suffit que je sois avec des gens que je ne connais pas pour qu’il se barre en courant.

 

Et moi, ben je sais plus qui je suis, je sais plus quoi dire ou faire, comment me comporter, comment Être.

Je regarde les gens autour de moi et je me sens toute nue. Ça m’énerve de pas comprendre comment ils font, eux.

Alors je me mets à faire des bruits avec ma bouche, à gesticuler dans tous les sens, à rouler des yeux, à paniquer …

même que des fois, je bave.

Je bave des yeux surtout.

 

C’est mouillé la bave des yeux et j’aime pas avoir le visage mouillé de bave.

Je me cache pour essuyer, sécher, assécher, tarir, frotter, gratter, griffer … jusqu’à ce que ça soit sec.

 

Et puis du coup je suis trop sèche et vide, non, plutôt trop pleine d’air. Le syndrome du trop plein d’air, on en a tellement qu’on sait plus quoi en faire.

 

J’aurais dû l’attacher mon naturel. Mais il aime pas ça. Il est épris de liberté, il aime pouvoir gambader à sa guise. Dans les champs, sur les toits, en haut, en bas, il fait le zouave et cours partout.

Des fois il est là, et des fois il est juste derrière toi, comme pour me narguer « vas-y, attrape moi ! ».

Mais on m’a appris à ne pas foncer sur les gens, même quand mon naturel est caché derrière eux.

 

Alors je l’attrape pas, je le regarde s’éloigner en emportant un peu de moi à chaque pas.

Je reste là.

Et je bave des yeux.

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l’acrobate

Posté par lobop le 16 mars 2015

C’est un acrobate vert de rage et blanc de peur, la pluie fait grésiller son feu de camp, il cherche à avoir chaud, partout, sur tout le corps, son corps froid, il met les mains sous ses aisselles pour le réchauffer. Ce geste intuitif remonte à la nuit des temps, comme une marque génétique de ses ancêtres qui vivaient sur les atolls.

 

Des gestes, tics, comportements automatiques, il ne lui reste plus que ça pour se rappeler qu’il est en vie.

Une bête lui monte sur le dos qui le grattouille soudain, il ne bouge pas, reste statique, les bêtes dans cette forêt sont dangereuses.

Elle joue avec ses nerfs, si elle n’avait pas été dans son dos il l’aurait faite tomber avec une cascade de coups.

 

Un son cristallin parvient à ses oreilles, une harpe au loin joue une mélodie triste.

Quel hasard de se retrouver là, dans ce bois, la vie s’est bien foutu de lui. Il ne cherchait que la paix, l’harmonie avec le monde, les peuples, il est devenu leur ennemi, la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Et pourquoi ?

À cause d’une canaille, un escroc, du temps où il était naïf.

Sa vie ne tient qu’à un fil, un avenir tangible, il le sait.

Le froid le prend soudain, il pense à ses actes passés.

 

Il a tué le roi … il est temps de prendre ses distances avec la race humaine.

C’est une folie de penser qu’ils lui pardonneront un jour.

 

Cette foule en colère et surexcitée a bien failli l’écorcher vif, il s’en est sorti de justesse, grâce à ses acrobaties, il tremble rien qu’à s’en rappeler.

 

Une silhouette apparaît de l’autre côté du feu, il la voit mal, elle se meut doucement, souplement, tout son corps évoque la menace . Il ressent un picotement dans la nuque, il y a quelqu’un derrière lui.

 

Une présomption, une prémonition l’informe qu’ils sont bien plus nombreux dans les fourrés.

Ils prendront sa vie s’il ne se défend pas, ils prendront sa vie de toutes manière.

 

Il se lève, prend sa hache et la fait virevolter au dessus de sa tête, les perles de ses tresses s’entrechoquent et tintinnabulent.

Un jeu de séduction mortelle se met en place entre la silhouette et lui, à qui impressionnera le plus l’autre.

 

Il sent soudain un gonflement dans sa poitrine, son cœur accélère, après observation il se rend compte qu’il a en face de lui une femme, il est condamné, ce sont Les Guerrières, la garde de Freya.

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Patagonie

Posté par lobop le 1 mars 2015

Je suis la terre de feu, craquelée sous le soleil brûlant, tremblant de fièvre, exhalant des souffles longs de vapeur.

Gorgée d’eau, dégoulinante et pâteuse sous la pluie drue.

Les mustangs sauvages frappent mon corps de leurs sabots et le font vibrer d’une musique exaltante. Le rythme de ma vie est perturbé, accéléré par les chevaux, les bisons qui chargent telle une armée allant au combat.

L’hiver je me rétracte, je m’endors, je reste en moi même, le monde n’existe plus et je m’enfonce dans mon sommeil glacé.

Quand vient le temps de la vie, celui des bourgeons, de la divine sève ; je sens grouiller dans mon corps toute l’enthousiaste énergie qui n’attend plus de jaillir.

Et je respire, je bouge, je vibre pour chaque plante, chaque brin d’herbe qui s’étire hors de mon corps.

J’ondule sous la chlorophylle sacrée.

Je tremble de désir pour la fraîcheur des rosées qui le matin me font frissonner.

 

Ô êtres humains si petits, si insignifiants qui grouillez à la surface.

Je vous donne un avertissement, aimable coup de semonce qui, si vous l’entendez, vous permettra de sauver votre espèce.

Ne vous avisez pas de vous croire propriétaires de la terre. Vous ne possédez rien que votre vie, et s’il vous prenait l’envie de détruire ce qui ne vous appartient pas, mon corps, mon âme, mon essence ; alors je vous prendrais votre bien le plus précieux.

 

Votre existence.

 

Pas immédiatement, mais tout doucement, je cesserai de vous nourrir, de vous tenir au chaud, de vous protéger des maladies.

Vous vous éteindrez, comme jadis les Aztèques qui croyaient pouvoir contrôler la terre.

 

Je suis la terre de feu, je suis millénaire et je reste là. Je vous survivrai.

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