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Balzac café

Posté par lobop le 24 février 2013

Je me souviens d’Hanovre sous la neige.

Je me souviens d’un vieil homme noir avec une barbiche blanche.

Je me souviens de la beauté de ses rides et de ses yeux perçants.

Je me souviens d’un chocolat chaud que je bus ce jour-là, enfoncée dans un fauteuil en cuir, regardant la neige tomber par la fenêtre d’un Balzac café.

Je me souviens de l’église en briques rouges et du toit devenu blanc.

Je me souviens des gens qui faisaient leurs courses de noël en parlant joyeusement allemand.

Je me souviens que c’était une courte escale sur la route me menant à Berlin.

 

Je me souviens de notre nuit ensemble.

Je me souviens comme nous étions passionnés, pressés de nous aimer si fort, conscients que ce serait là notre seule nuit.

Je me souviens du goût de cannelle sur ta bouche et de tes cheveux noirs, bouclés dans lesquels j’emmêlais mes doigts.

Je me souviens du frisson de plaisir quand tu me susurrais à l’oreille des mots en arabe.

Je me souviens avoir imaginé ce qu’ils voulaient dire, refusant de connaître leur réelle signification. Pour laisser la magie vivre dans l’instant.

 

Je me souviens du regard du vieil homme noir si compatissant quand je te quittais au petit matin. Si doux que j’eus l’envie de l’embrasser.

Je me souviens avoir pleuré devant mon petit déjeuner au Balzac café.

Je me souviens que ce paysage de neige correspondait parfaitement à ma mélancolie.

 

Berlin, je ne devais penser qu’à Berlin, et à l’homme qui m’y attendait.

C’était si dur de te faire sortir de mon esprit.

Toi tu repartais vers le sud, vers le soleil, vers la méditerranée, vers ta femme.

Je voulais arrêter le temps et te rejoindre dans la chambre où je t’avais laissé sans dire adieu, sans même te réveiller.

Ç’aurait été impossible de te quitter éveillé.

Je me souviens avoir passé mes mains là où tu m’avais caressée, tentant de raviver la sensation de tes mains chaudes sur ma nuque, mes épaules, mon visage.

 

Jamais aucun baiser n’a plus été comme les tiens.

Jamais je n’ai retrouvé la cannelle sur des lèvres.

 

Ma mémoire s’est arrêtée ce jour-là, je ne me souviens de rien après cela.

Je n’ai plus rien aimé après toi.

Mon amour est resté à Hanovre, engloutie sous la neige, là, devant l’entrée du Balzac café.

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