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seule

Posté par lobop le 13 décembre 2011

La douleur de la solitude se fait parfois très forte, beaucoup trop forte.

Quand je regarde autour de moi et que je vois toutes ces femmes qui sont mes amies et qui sont en couple.

Qui ont trouvé un homme bon qui les aime tellement fort, qui les soutient.

Et moi, non je n’ai personne, je n’ai pas un homme qui m’aime et me soutient, qui soit prêt à se battre pour moi, qui soit prêt à chambouler sa vie pour que j’en fasse partie.

 

Et puis parfois ce n’est pas ça, parfois c’est juste ces jours qui s’enchainent et où je me rends compte que les hommes que je regarde ne me regardent pas, que je n’existe pas à leurs yeux.

 

Et puis aussi il y a ces moments où je sens, je sais que s’ils venaient à me regarder je gâcherais tout.

Par peur, par méfiance, par je ne sais quoi.

Par désir de cette solitude qui fait de moi ce que je suis.

Qui fait naître ce désir de création, ce désir d’aventure solitaire.

Qui me fait écrire, jouer, voyager.

 

Quand on me demande pourquoi, comment, je ne trouve personne, je ne sais pas quoi répondre, je ne sais plus, avant je disais que c’était un choix, que j’aimais trop ma liberté.

Aujourd’hui je ne suis plus sûre, de rien. Alors je me tais.

 

Il est certain que je suis amoureuse de ma liberté, il est certain aussi que je suis devenue très méfiante envers l’amour qui m’a fait tant de mal.

Mais il y a aussi un certain confort dans la solitude.

Et je fuis le confort, je ne veux pas du confort, car il est la mort de l’art.

Je voudrais trouver un équilibre je crois entre le confort et la souffrance.

Je sais bien que la souffrance me fait avancer et que le confort m’endort.

 

Je me trompe peut être, je suis sans doute totalement à côté de la plaque.

Je n’ai aucune certitude, je hais les certitudes.

 

Je ne tiens pas en place, je bouge sans arrêt, dans ma tête, dans ma vie, je ne sais pas ce que je serai demain.

Je ne veux pas le savoir, pourvu que je ne sois pas la même qu’aujourd’hui ou que le jour d’après.

 

Je donne tout ce que j’ai, tout ce que je suis.

Je ne me sens à la hauteur que dans le travail.

À condition de me donner à fond.

C’est ce que je fais, ça me permet de me respecter.

 

Je joue, je crée des personnages, je les construis dans les moindres détails, corporels, psychologiques, émotionnels.

Parfois je suis perdue, parfois je me demande qui je suis pour prétendre savoir comment un être humain fonctionne.

L’angoisse monte alors, prend sa place, puis je la chasse par le travail.

Je recherche, en moi, chez les autres, les réponses.

 

Et mon personnage prend vie. Dans ma tête en premier, puis je le joue ou je l’écris.

Je le fais vivre, je lui donne des choses à défendre, des gens à aimer, des colères à brûler.

 

Je n’ai pas assez de travail, jamais assez non, jamais assez.

 

Pourquoi suis-je seule ? Et bien, je n’en sais rien.

Je n’ai pas de réponse réelle, concrète.

Mais on dirait qu’il le faut, pour un temps, peut être pour toujours.

La vie seule le sait, ou ne le sait pas.

Qu’importe, je suis peut être tout simplement trop lâche pour être avec quelqu’un, ou bien impossible à aimer.

 

Je n’ai aucune certitude, je n’ai rien à apporter à qui que ce soit, j’ai trop peur d’être dépendante de quelqu’un, j’ai trop peur qu’on soit dépendant de moi.

 

Pourquoi suis-je seule ? Parce que cela ne peut être autrement.

Pour l’instant, peut être pour toujours.

 

Qu’en sais-je ?

Publié dans ressentiments | Pas de Commentaire »

Les clowns

Posté par lobop le 8 décembre 2011

À trébucher sur les clowns, on en vient à se méfier des rires.

Par leurs joies feintes les clowns attirent.

Ce sont des êtres tristes qui ne savent pas vivre seuls leur désespoir.

Ils le partagent, par des gags vides de sens, par des pirouettes maladroites, ils insinuent l’obscurité dans le cœur de leurs victimes.

 

Bientôt celles-ci ne comprennent plus, quand elles ne sont plus la cible des roulades et des blagues.

Elle ne récupèrent que la dépression d’après spectacle.

Elles doivent panser les plaies, elles doivent consoler le clown, pour lui permettre de faire rire encore, le lendemain, d’autres qu’elles.

 

À vivre avec un clown on apprend que la joie ne nous est pas destinée.

Il danse et saute pour des inconnus, il virevolte pour un public extatique.

Il se fait adorer des étrangers.

On parlera de lui comme le plus drôle, le plus gentil, le plus agréable.

 

Et puis la nuit, dans la caravane, il se transforme, il devient le contraire de lui même … lui même … on ne sait plus bien qui il est.

Plus de sourire, plus de joie, plus d’envie.

 

Il montre le pire de lui, il se fait taciturne, idiot, blessant.

Et comme excuse il dira que se forcer à rire et devoir chaque jour amuser un public, est le pire des métiers.

 

Au bout d’un temps on ne comprend plus très bien pourquoi on vit avec ce clown.

On le regarde jouer, pour eux, et on se souvient ce qu’on a tant aimé, ce qui nous a attiré et qui a disparu.

On fait renaître la flamme en l’observant entouré de public.

Mais il n’a aucun regard pour nous, ce monde là, nous n’en faisons pas partie, nous n’y sommes pas les bienvenues.

 

Et puis un jour, on espère trouver la force de le quitter.

On a très peur, mais parfois on y arrive.

Parfois, c’est lui qui part … en nous reprochant d’être devenue triste.

 

Quelle ironie, il nous place comme son tortionnaire, on est accusée de lui voler son rire, d’étouffer ses joies …

alors le clown part et la vie revient.

 

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Nonnie

Posté par lobop le 8 décembre 2011

Il était une fois, une jeune femme qui s’appelait Nonnie.

Nonnie n’était pas très jolie, Nonnie n’était pas très maline.

Mais elle avait un grand cœur qui n’aspirait qu’à aimer.

 

Seulement Nonnie avait peu d’occasion de rencontrer un homme à aimer.

Dans son travail, elle ne côtoyait pas beaucoup de gens en vie, car elle travaillait à embaumer les morts.

Elle les rendait beaux, oui ça elle savait le faire.

Elle les maquillait, les coiffait, elle était une véritable artiste.

 

Mais personne ne la remarquait. Elle se tenait voutée, elle marchait en regardant ses pieds, elle ne se coiffait pas et refusait le maquillage tant qu’elle était en vie.

 

Tous les dimanches elle allait se balader dans le grand parc.

Elle le traversait sur toute sa longueur à pieds et sans s’arrêter.

Juste pour respirer, pour faire fonctionner ses jambes, pour entendre le chant des oiseaux, pour sentir les saisons sur sa peau.

 

Là était son quotidien, son travail avec les silencieux, son dimanche avec le parc.

 

Un dimanche parmi tant d’autres, elle fût prise de fatigue.

Elle était au milieu de son parcours et décida, chose qu’elle ne faisait jamais, d’aller s’assoir sur un banc.

Là elle se reposa en regardant les arbres autour d’elle.

 

Et puis à un moment donné, un homme vint s’assoir à côté d’elle.

Cela ne la dérangea pas, elle ne le regarda pas.

L’homme non plus ne la regarda pas, il contemplait lui aussi le paysage.

 

Nonnie sentit alors une main se poser sur la sienne.

Elle ne réagit pas, elle profita juste de cette soudaine chaleur, de cette peau douce qui recouvrait ses doigts.

 

Au bout d’un temps, Nonnie tourna la tête et croisa le regard de l’homme.

Il avait des yeux bons et doux.

Il avait ce regard qu’elle avait toujours voulu croiser.

Ils se penchèrent alors tout doucement l’un vers l’autre et leurs lèvres se rencontrèrent pour un long et délicieux baiser.

 

Ils restèrent longtemps à se regarder et à s’embrasser doucement.

Ils ne parlèrent pas.

À la fin de l’après midi, ils se levèrent, se sourirent, et reprirent chacun leur chemin.

 

Toute la semaine Nonnie pensa à l’homme.

Ne pas savoir son nom, ne pas connaître le son de sa voix ne la dérangeait pas.

Et même, cela lui plaisait.

Comme si la magie se serait brisée s’ils avaient parlé.

 

Le dimanche d’après, à la même heure, Nonnie retourna au parc.

L’homme l’attendait sur le banc.

Elle s’assit à côté de lui et la même chose arriva.

D’abord rien, ensuite les mains, puis le regard et enfin les baisers …

et en fin d’après midi quand elle rentra chez elle, elle n’en savait pas plus mais elle était heureuse.

 

Chaque dimanche, et pendant toute une saison, elle retourna au parc.

Et chaque dimanche la rencontre se répéta.

Toujours pas de paroles, elles étaient inutiles.

 

Seulement un dimanche, l’homme ne vint pas.

Nonnie attendit toute l’après-midi sur le banc, jusqu’au soir, jusqu’à même tard dans la nuit.

Elle finit par rentrer chez elle et pleura jusqu’au matin.

Ses mains, ses lèvres et son silence lui manquaient.

 

En arrivant au travail le lendemain, elle comprit pourquoi l’homme n’était pas venu à leur rendez-vous.

Il était allongé là, sur sa table de travail, éventré, mort des plus morts.

Cela lui fit un choc bien sur.

Et puis elle lit la fiche.

 

Il s’appelait Alain, il était accidentellement tombé sur une scie circulaire.

Il devait être enterré le lendemain.

La famille souhaitait que le cercueil soit scellé.

 

Malgré cette dernière information qui aurait dû lui épargner beaucoup de travail, Nonnie s’occupa de lui toute la journée, puis toute la nuit.

 

Ce fut son œuvre d’art.

Elle recousit son thorax, elle le baigna, le maquilla, l’habilla, le coiffa.

Elle le rendit aussi beau que dans ses rêves.

 

Au petit matin, les croques-morts vinrent récupérer le cercueil.

Ils ne virent pas le beau travail de Nonnie car le couvercle était rabattu.

Ils le scellèrent immédiatement.

 

Ils emportèrent le cercueil qui avait le poids de la mort, un peu plus lourd à chaque pas.

La cérémonie fut brève, l’homme n’avait que peu de famille.

Puis on le mit en terre et le fossoyeur vint pour le recouvrir.

 

Plus tard dans la nuit, Nonnie se réveilla pâteuse, dans le noir, allongée contre un corps froid, dans une odeur pestilentielle.

Elle se maudit de ne pas avoir pris plus de somnifères.

 

Nonnie n’était vraiment pas très maline.

 

« il ne me reste plus que l’asphyxie, j’espère que ce sera rapide ».

 

 

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