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Abandon

Posté par lobop le 25 octobre 2011

Que dire, ce qu’il me manque.
Que dire, à quoi je pense.

Ce sont, deux bouches qui s’aiment. Deux langues qui se frôlent.
Ce sont, des lèvres qui se pressent, des dents qui les mordent.

Un ballet, où les danseurs tourbillonnent, chacun au rythme des papilles.

Ce sont, des paupières qui se ferment de plaisir, des visages qui se rencontrent.
Ce sont, des peaux qui se touchent, des mains qui se croisent.
Ce sont, des bras qui se serrent, des corps qui s’étreignent.

C’est un moment hors du temps, un film où le décors n’a pas d’importance.
C’est un instant sans mot, les dires sont inutiles, seuls les corps parlent un langage secret qui n’a nul besoin de traduction.

Ce sont, les caresses et une compréhension absolue des êtres.

Un curieux manque, un besoin certain.
Tout ce qui fait de nous des êtres humains.

Une envie de s’élever à deux, quelques instants, le temps d’une parenthèse, le temps d’un espoir.
De se sentir moins seule dévorée par le feu.

Créer une magie puissante à en faire pleurer.
Vivre l’intensité pour se montrer que … nous sommes vivants ; et capables de tant de merveilles.

Pour supporter un peu plus … quoi ?
Le poids de la vie, la douleur des jours.

Retrouver la capacité d’accueillir chaque joie sans craindre qu’elle soit la dernière.
Fondre les désillusions dans l’oubli et ne garder que …
Une infime foi, mais un espoir réel, que la force reviendra, grandira et ne partira plus.

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Une grosse boulette

Posté par lobop le 10 octobre 2011

 

 

Nous avons grandi ensemble, Yarl et moi.

Il ne faisait aucun doute qu’un jour, quand nous serions adultes, nous nous épouserions.

Et c’est ainsi que cela s’est passé.

Personne n’a été étonné, non bien-sûr, puisque nous étions inséparables depuis l’enfance.

Si bien que quand il mourut, mon amour pour lui se mua en colère, en rage.

Je refusais qu’il m’abandonne ainsi, pas après toutes ces années … nous nous étions construits l’un avec l’autre, l’un dans l’autre.

Comme deux hémisphères d’un même cerveau.

Comment pouvais-je continuer alors qu’il était parti ?

Je ne savais pas comment faire, je n’avais jamais appris !

Je n’ai jamais été du genre à me lamenter sur mon sort, c’était moi la moitié la plus dure, la plus forte de notre couple.

Lui il était la douceur, la patience, la diplomatie.

Dieu ce que j’étais en colère ! Et je le suis toujours.

Surtout qu’il est parti au plus mauvais moment.

Je dois à présent réparer, ou en tout cas tenter d’arranger la connerie que nous avons faite ensemble.

Lui aurait parlé d’erreur … mais ma sœur a raison, c’est une grosse connerie même si je ne l’admettrai jamais devant elle.

De toute manière je n’en aurai pas l’occasion, puisqu’elle est partie en claquant la porte et en me disant d’aller me faire foutre.

« ça sera fait ! » j’ai répondu.

Yarl est mort le lendemain, je n’ai même pas eu l’occasion de me faire foutre une dernière fois.

Notre connerie … comment expliquer sa nature, comment expliquer ce que nous avons fait, et surtout, comment nous avons réussi …

Quand nous étions enfants, Yarl, ma sœur et moi, ma mère nous disait de ne pas prier trop fort au risque que l’univers nous entende et réalise nos souhaits.

Ma sœur comprenait très bien ce que notre mère voulait dire par là, elle a toujours été plus futée que moi …

Mais moi je voyais en ces paroles la possibilité que mes rêves se réalisent vraiment, et Yarl voyait la même chose. C’est pas pour rien qu’on a fini ensemble, aussi con l’un que l’autre.

Alors nous nous sommes mis à prier, à souhaiter, à rêver très fort.

C’est devenu un jeu entre nous, puis une habitude.

Bien sur, rien ne se passa quand nous étions petits, nous étions trop faibles, nos « voix » n’étaient pas assez fortes pour atteindre … pour atteindre quoi d’ailleurs ? Dieu ? L’univers ? Aucune idée … c’est pas la question de toute manière.

Donc il ne se passait rien, mais plutôt que de nous décourager, cela fit l’effet inverse.

Nous nous entrainâmes, des années durant, à prier de plus en plus fort, sûrs qu’un jour ça marcherait.

Ma sœur, qui est ma jumelle, j’avais oublié de le mentionner, mais ça n’a pas vraiment d’importance non plus … ma sœur donc, nous engueulait quand elle nous voyait prier. Il faut dire qu’on priait pour des choses stupides aussi.

Naturellement cela nous a mené, Yarl et moi à l’exclure de notre « groupe ».

Blessée, elle passa le reste de son enfance et de son adolescence dans les jupes de ma mère à tout faire pour devenir comme elle.

Yarl et moi, ça nous arrangeait bien, puisque nous étions déjà amoureux et que nous ne voulions pas nous embrasser devant elle, devant quiconque … nous étions tranquilles.

J’avais parfois quelques remords vis à vis de ma sœur, quand Yarl n’était pas là, je tentais de me rapprocher d’elle, pour restaurer notre complicité.

Mais ma sœur, grande paranoïaque devant l’éternel, m’accusait de me servir d’elle comme bouche-trou.

Alors je l’abandonnais et je repartais prier.

– à quoi tu prie ? Me demandait-elle souvent.

– Je prie pour que des furoncles te poussent sur le visage. Je répondais avec un sourire mauvais.

– MAAMAAAANNNN !!!

Et elle partait en courant dans la cuisine.

Bien-sûr ce n’était pas vrai, enfin pas toujours.

Puis nous avons grandi, Yarl et moi avons tous les deux fait de brillantes carrières.

Yarl en tant qu’avocat et moi dans la médecine.

Ma sœur quant à elle n’a pas été aussi loin.

Elle a très vite abandonné ses études pour se tourner vers l’art, le dessin, la peinture … elle n’a pas arrêté ses études parce qu’elle était moins intelligente, mais parce qu’elle n’avait pas la gniak, l’esprit de compétition, les dents de requins.

Je l’ai souvent regretté, car étant bien plus humaniste que moi, elle aurait fait un bien meilleur médecin que la plupart de mes collègues, et sans doute que moi même.

Nos relations se sont apaisées à l’âge adulte, surtout parce que je ne la terrorisais plus avec mes histoires de furoncles.

Nous sommes presque devenues proches, jusqu’à ce jour là, le jour de la connerie.

Et Yarl est mort le lendemain, il a voulu tenter un truc fou pour réparer notre connerie, et il est mort.

Donc je suis toute seule pour faire face à ça.

Je porte toute seule la responsabilité et la culpabilité de deux personnes.

Ça fait un sacré poids, et je n’ai plus vingt ans … ni même trente.

Je suis trop en colère pour pleurer Yarl, et je n’aurai certainement pas le temps de le faire avant de mourir à mon tour.

Soit parce que ce que je vais tenter de faire me tuera, soit parce que je n’aurai pas le courage d’affronter ce nouveau monde et que je me foutrai en l’air moi-même.

Nous avons toujours été passionnés Yarl et moi, par l’héroïque-fantaisie et la science fiction.

Par les contes de fées, vous ne me croirez certainement pas quand je vous dirai que le conte préféré de Yarl est, était (j’ai du mal à m’y faire) la petit sirène. Pas celui de Disney, celui d’Andersen, celui qui finit mal.

Moi j’adorais les contes russes, Mama-Yaga … et les frères Grimm.

Et puis vers l’âge de treize ans nous avons découvert le monde de Tolkien.

Nous étions déjà tous les deux passionnés de légendes celtes et de mythologie scandinave.

Alors nous avons adoré Tolkien, jusqu’à lui vouer un véritable culte.

Bon, à l’âge adulte nous nous sommes quand même rendu compte que cet homme écrivait terriblement mal, que malgré des idées merveilleuses, des histoires passionnantes, un monde qu’il avait créé de toutes pièces et qui tenait debout dans sa magie éclatante … son style d’écriture était lourd et maladroit.

 

Mais cela n’a aucune importance, puisque ce qu’on retient de lui est le monde imaginaire qu’il a créé et non son style.

Ce qui est juste à mon avis.

Il n’est pas obligatoire pour créer de grandes histoires d’être un génie de la plume.

Tout le monde ne sait pas faire voilà tout.

Tout comme un chanteur peut avoir une voix magnifique et ne pas être à l’aise sur scène.

C’est dommage mais c’est ainsi.

À partir de l’âge de treize ans donc, Yarl et moi nous nous mîmes à parler de dragons, de hobbits, d’orcs, d’anneau magique …

Et puis nous avons continué nos lectures dans l’héroïque-fantaisie, le médiéval-fantastique puis la science fiction.

Même si nous préférions les mondes habités de magie et de gobelins, nous n’étions pas insensibles aux mondes de Star-Wars et de Dune.

Toute notre vie fut accompagnée d’ouvrages de ce style.

Quand nous nous installâmes ensemble, notre bibliothèque contenait plus de deux milles livres et bande-dessinées que nous avions tous dévorés.

Et je ne parle même pas des films … par exemple toutes les éditions collectors de Conan le barbare et même de Conan le destructeur qui, convenons-en, est une grosse merde …

Les années passant, notre collection doubla, tripla, quadrupla … de volume.

Puis vint un jour où … comment dire, ce n’est pas que nous nous sommes lassés, au contraire, nous avions toujours soif de ces mondes là, de ces histoires.

Mais nous sommes devenus plus exigeants, et les auteurs n’arrivaient plus à combler ces exigences.

Nous repérions très vite quelle allait être la trame de tel livre, nous devinions la fin, qui mourrait, quelles seraient les injustices et qui sauverait le monde bien avant la moitié des livres.

Et c’est là qu’est venue cette idée stupide.

Nous l’avons cautionnée hypocritement en prétextant qu’il fallait un ennemi commun à notre pays pour le sortir de la crise économique et sociale, pour remettre au goût du jour les priorités et pour qu’on oublie un peu le capitalisme et la société de consommation.

Bien sur, c’est très joli dit comme ça, ça aurait même pu plaire à ma sœur.

Mais il faut être honnête, ce que nous avons fait, nous l’avons fait par pur égoïsme.

Fatigués par des histoires creuses écrites par des écrivains sans imagination, nous voulions à présent assister, ou plutôt vivre, dans un monde où la magie existerait, où des nains, des trolls, des elfes et des dragons se tireraient la bourre.

Alors nous nous sommes mis à prier, très fort, et pendant des jours entiers.

Seulement, après des décennies d’entraînement et avec la force que nos « voix » avaient acquise avec l’âge … il s’est passé quelque chose.

Il y a d’abord eu un tremblement de terre qui a ouvert l’océan Atlantique en deux et l’océan Pacifique en quatre.

Au milieu sont apparues des terres, portant chacune d’elles une ou plusieurs races venues des mondes féeriques.

Elles n’ont pas attendu qu’on les invite à prendre le thé sur nos continents, d’ailleurs les êtres humains étaient trop stupéfaits pour faire quoi que ce soit … c’est vrai qu’on leur avait tellement rabâché que si un jour nous rencontrions une autre race intelligente celle-ci viendrait de l’espace, que là, devant ces nouveaux continents peuplés d’êtres fantastiques, ils étaient complètement paumés.

Donc, elles ont commencé à nous envahir, pas en essayant de s’intégrer à nos sociétés, mais tout simplement en les rasant pour reconstruire les leurs par dessus.

Ils sont pas cons, ils ont bien vu que notre système ne valait pas un cachou.

Alors ils ont tout bonnement entamé une … « réforme » … à coups de hache dans la gueule.

Yarl et moi étions ravis, nous sautions partout de joie, enfin le monde allait changer !

Nous avons même presque regretté de ne pas avoir fait d’enfant pour qu’il puisse vivre dans un nouveau monde…

Mais nous avons vite déchanté…

En fait c’est arrivé quand le porte-parole des nains qui avaient envahi la France a annoncé à la télévision que l’espèce humaine était corrompue, qu’elle était à la base de sociétés injustes et immorales, qu’elle n’était qu’hypocrisie et que donc, ils avaient pris la décision de tout simplement procéder à une éradication totale du genre humain.

Pour la première fois depuis l’histoire de l’humanité, nous avons oublié nos différences et laissé de côté toute ségrégation …

On était enfin dans le même bateau, un peu tard, certes, mais je tenais à le souligner.

 

Certains ont pensé fuir en Allemagne en espérant que les elfes qui l’avaient envahie seraient plus cléments … mais ce ne fut pas le cas.

Quant à l’Espagne envahie par les orcs, il ne fallait même pas y songer, ils avaient commencé depuis longtemps le massacre sans prendre la peine de prévenir qui que ce soit.

Les géants des glaces ont élu domicile dans tout le nord de l’Eurasie et se sont régalés des autochtones ainsi que de leurs poneys …

La méditerranée a été envahie par les orcs et les nains et le reste de l’Europe par les elfes …

les elfes … des êtres doux et pacifiques … tu parles ! Ils ont rouvert Auschwitz les cons ! Sauf qu’ils ne font pas de distinction entre les humains qu’ils foutent dedans.

Le continent américain, lui, a été envahi par les gobelins.

J’ai cru au départ qu’ils étaient chanceux, parce que c’est débile un gobelin quand même … mais ils sont nombreux et ils se reproduisent vite.

Ils ont déferlé sur les grandes villes tel des nuées de sauterelles affamées et ont tout pillé.

Le continent américain est un véritable chaos, mis à part peut être la forêt amazonienne où la nature a repris ses droits grâce aux Ents qui montent la garde.

Impossible pour les humains de se planquer dans la jungle, ils se font directement tuer par les arbres.

L’Afrique et l’Inde sont envahie de trolls et d’orcs, plus féroces que ceux qui sont en Europe et qui n’ont eu aucun mal à installer leur royaume militaire ainsi que la loi martiale (laquelle est simple, tout humain trouvé dehors est immédiatement tué ou réduit en esclavage).

Je n’aurais jamais pensé que les orcs puissent être aussi organisés.

Une colonie de mages humanoïdes s’est installée en Asie orientale et déciment les êtres humains peu à peu en expérimentant leur magie sur eux.

Les draws, ont préféré l’Océanie et l’Australie, mais je suis à peu près sure qu’ils n’en feront que leur quartier général et ne tarderont pas à aller se balader dans le monde entier … ils tiennent pas en place ceux là de toute manière.

Quant aux dragons et autres monstres légendaires, ils se sont éparpillés un peu partout.

Je crois qu’il y en a un qui a élu domicile au Tibet et qui a commencé son séjour là bas par un bon repas … de moines.

 

Voilà où nous en sommes.

Et Yarl a essayé d’y mettre de l’ordre, enfin d’appeler de l’aide.

Il a prié très fort, trop fort, pour tenter de faire apparaître … des jedis …

Mais c’est un sith qui s’est pointé, un seul et unique sith qui l’a tué sur le champ.

Il faut le comprendre, un nouveau monde s’offrait à lui sans aucun jedi pour l’emmerder, alors il n’allait pas permettre à ce simple humain d’inviter ses ennemis de toujours.

Mon dieu qu’il était laid ce sith … et il a tué mon Yarl … moi j’étais planquée dans la penderie, bien sur il m’a vu mais n’a pas semblé être inquiété par la simple femme que je suis … laid et machiste …

Bien nous voilà avec tout le bestiaire des terres du milieu sur les bras et pour couronner le tout, un sith qui se balade librement …

Donc oui, ma sœur a raison, c’était une grosse connerie, la pire boulette qu’on puisse imaginer.

Mais là, j’avoue que la situation me donne envie de rire.

Je deviens peut être folle. Mais ça n’a pas vraiment d’importance, les nains sont entrés dans la ville ce matin et notre maigre résistance a été balayée comme un fétu de paille.

Ah Louise, espèce d’idiote, qu’as tu fait avec ton Yarl ? Tu as signé ta propre mort ainsi que celle de l’espèce humaine…

on frappe à la porte, peut être ma sœur qui revient …

– Dame, vous nous avez fait venir sur votre terre par la force de vos prières … vous êtes à présent la déesse de cette planète. Nous vous vénérerons jusqu’à la fin des temps. Me dit un nain

Je regarde la délégation diplomatique, constituée d’un émissaire de chaque race qui nous ont envahi, s’étirer dans le couloir de l’immeuble.

Ah ben me voilà bien, je pensais plutôt mourir aujourd’hui … j’ai envie de rire …

– humm … éclairez moi sur un point … vous voulez une déesse humaine alors que vous détestez et exterminez les humains ?

– Ce n’est pas à nous de choisir la race de nos dieux … mais puisque c’est vous qui nous avez donné la vie, c’est vous notre déesse. Me répond le nain

… et Yarl … mais il est mort le con …

Yarl ? Demande l’orc

mon mari … il a essayé de … enfin bref, il est mort.

Rien ne vous empêche de retrouver un époux parmi nos monarques. Dit le draw avec un petit sourire.

– hum ….Où devrais-je vivre ? Serais-je libre ?

– Où vous voudrez, choisissez et nous vous construirons un palais, vous serez libre et … immortelle. Me répond le mage rouge.

Bon, je vais peut être pouvoir sauver ma sœur, Julia va me détester si je la rend immortelle, mais je ne vais tout de même pas passer l’éternité toute seule !

Ah Yarl, si tu avais attendu juste un peu !

 

 

 

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