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Ton nom

Posté par lobop le 29 septembre 2011

« je peux encore garder ton nom,
je peux aussi dire que je l’aime. »

Ces deux vers m’obsèdent, me torturent depuis des heures.
Parce-qu’ils résonnent en moi, parce-que depuis des années que je connais cette chanson, ils ne prennent vraiment leur sens qu’aujourd’hui.

Un homme peut-il aimer comme une femme ?
Je me demande.
Il semble le plus souvent que non.
Mais quand j’entends ces deux vers, il semble pourtant que si.

Ton nom … est une musique qui fait naître dans ma drôle de tête, tout un flot d’émotions confuses.
Douleur, amour, faim, désespoir, rêves, tristesse, révolte, désir …
Il n’y a pas assez de mots pour dire à quel point je suis perdue dans ce tourbillon.

Égarée ? Ce n’est pas assez.
Et puis, égarée semble dire qu’on s’est légèrement trompé de chemin, qu’on n’est plus sur la route mais pas si loin.
Moi j’ai pris un sentier qui m’a menée au milieu d’un désert, immense, vide, sans aucun panneau, aucune direction.
Quand j’ai voulu rebrousser chemin, le sentier avait disparu.

Alors j’erre, assoiffée, affamée, à essayer de ne pas perdre trop de force à crier … ton nom.
J’ai tenté de le taire, ne plus le prononcer pour ne plus l’entendre.
Mais les vents dans ce désert sont mesquins.
Ils me le susurrent à l’oreille, et toujours quand je m’y attends le moins.
Je crois prendre un chemin et j’entends ton nom, ma tête tourbillonne et je suis de nouveau perdue.

Je pourrais tenter de me repérer aux étoiles pour retrouver ma route … si seulement j’avais appris cet art, si seulement j’avais appris à m’orienter grâce aux astres …
pour cela il aurait fallu que durant ma vie mes yeux soient tournés vers le ciel.
Ils ne l’étaient pas.
Trop occupée à tenter de comprendre la terre, je ne savais pas qu’il était permis de lever les yeux au ciel … passons.

Aujourd’hui je scrute les étoiles, mais je n’y comprends rien.
Elles parlent un langage qui m’est inconnu.
Elles me taisent leurs secrets et rient de me voir aussi perdue.
Si si, ce sont bien des rires, je les entends.

Avant d’essayer de me repérer aux étoiles, j’ai tenté de le faire grâce au soleil.
Repérer le nord et s’y tenir.
Mais le soleil, dans ce pays, est complètement fou.
Il me fait des farces et je tourne en rond.

M’entends-tu râler, grogner en piétinant le sable de mes pieds nus ?
Ce serait justice que tu m’entendes, puisque c’est ton nom qui me perd.
Et dans l’espoir que tu m’entendes, je grommèle, je râle… exclusivement la nuit, pour t’empêcher de dormir … je suis mesquine, autant que les vents qui murmurent … ton nom.

Les premiers jours, j’ai fait des châteaux de sable, puisque je n’ai pas souvent l’occasion d’aller à la plage.
J’ai voulu en profiter, je suis retombée en enfance.
Mais les châteaux se sont effondrés, il n’y a pas d’eau dans ce désert.
Sans eau, les châteaux ne tiennent pas, qu’ils soient de sable ou en Espagne.
Et, dois-je le préciser, sans vie, les rêves ne tiennent pas non plus.

Alors j’ai arrêté là ma carrière d’architecte, j’ai abandonné les constructions de sable…
Enfin, je fais une petite maison de temps en temps, puis portée par mon élan il m’arrive souvent de faire tout un village.
Et le tout s’effondre, je retombe sur mes fesses.

Ce pays grave ton nom dans les collines, parfois les nuages … je deviens folle peut être.
Des hallucinations ? Oui, on m’a soumis l’idée.
Mais il y a quelque chose d’étrange tout de même à ce que je perde la raison si brusquement.
Non, je crois qu’il y a un peu des deux.
Le désert qui s’amuse à me torturer avec ton nom, et moi qui ne vois que ça.

Si seulement je pouvais trouver ici ne serait ce qu’une fleur, une mauvaise herbe, qui ne porte pas ton nom …
Je la ferais mienne, elle n’appartiendrait qu’à moi, et nous guiderait, mon égoïsme et moi, vers la sortie la plus proche …
une fleur hôtesse de l’air dans un avion désert …

Ça y est, je déraille complètement, trop de soif, trop de faim, trop de ton nom.

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la boîte à crayons

Posté par lobop le 23 septembre 2011

De temps à autres, j’ouvre ma boîte à crayons et je sens son odeur.
Cette odeur, c’est un peu ma madeleine de Proust.
Je plonge mon nez dedans, entre les fusains, les crayons, les gommes … et me voilà transportée dans l’atelier d’Isabelle.

Isabelle est ma belle-mère, Isabelle est la douceur, la tendresse, l’amour qu’il manquait chez mon père.

L’atelier était une pièce verte, de ce vert tendre qui rappelle les feuillages timides de printemps.
Il y avait beaucoup de lumière dans cet atelier, deux fenêtres et une porte avec des carreaux qui donnaient sur le jardin.

Il y avait une belle armoire blanche, sans porte, où s’empilaient des pinceaux, des pots à pigments, des feuilles et autres fournitures de peinture.
Cette armoire me faisait rêver.
Elle était magnifique avec toutes ses couleurs, ses bocaux, ses fioles et ses ustensiles.
Comme on pourrait imaginer, l’armoire d’un magicien.

Je l’ai récupérée des années plus tard, elle accueille aujourd’hui mes bandes-dessinées et mes livres.

Devant l’une des fenêtres, il y avait une grande table, plutôt il me semble une planche de bois posée sur des tréteaux.
C’était là qu’Isabelle travaillait, avec encore d’autres pots à pinceaux et d’autres ingrédients de couleurs.
Devant la table, une chaise bien sur, où elle s’asseyait pour peindre.

C’était son repère à Isabelle, cet atelier et ce bureau.

Au fond de la pièce il y avait un fauteuil recouvert de tissus marron.
C’était mon refuge à moi ce fauteuil.
Quand l’ambiance de la maison se faisait trop dure, quand la tension entre mon frère et mon père commençait à monter, je me réfugiais là, dans le calme.
Je regardais Isabelle travailler, et souvent je dessinais à côté d’elle.
Nous avions de longues discussion sur la vie.

Elle ne me fit jamais sentir que je la dérangeais dans son travail. Mon père me disait pourtant « va pas embêter Isabelle ! ».
Elle mettait sa tâche de côté et m’écoutait, jouait avec moi à dessiner des personnages rigolos … « les petits bonhommes » …
parfois je m’endormais sur le fauteuil derrière elle pendant qu’elle reprenait son travail.

L’été nous nous asseyions sur le pas de la porte qui menait au jardin.
Nous parlions en regardant les chauve-souris, la lune, les étoiles et le hérisson du jardin faire le même trajet qu’il faisait tous les soirs.

Je ne me rappelle plus de quoi nous parlions.
Cela n’a pas vraiment d’importance.

En fin de soirée, mon père venait nous rejoindre, pour me dire d’aller au lit.
Et cette pièce … c’était comme si elle avait un pouvoir sur lui.
Comme s’il avait compris qu’il n’était pas vraiment chez lui ici.
Cette pièce ne supportait pas sa colère, sa nervosité et ses angoisses.
Alors quand il y entrait, il laissait tout ça derrière lui et se faisait doux.
Bien que cette douceur ne m’était pas destinée, je suis heureuse aujourd’hui d’avoir quelques souvenirs tendres de mon père.

Quand il venait dans l’atelier, nous cessions de parler.
Et je lui en voulais quand il arrivait sans faire de bruit.
Ce que je disais à Isabelle, il n’avait pas le droit de l’entendre.
Oui, j’étais dure avec mon père quand j’étais petite fille.
Il avait mon amour car il était mon père, mais ne méritait pas ma gentillesse.
Je lui obéissais et faisais le moins de bêtises possibles pour ne pas avoir à faire à lui.

Cette boîte à crayons m’a été offerte par ma grand-mère paternelle.
Sur le couvercle sont peints un berger et une bergère ainsi que cinq petits moutons et au loin des cyprès. Je crois bien que ce sont des cyprès, ces arbres en flèche.
Mon prénom est gravé sur cette boîte.

Quand ma grand-mère me l’a offerte, j’ai été émerveillée qu’il y ait mon prénom dessus.
C’était comme si j’étais sur que cette boîte n’appartenait qu’à moi.
Que ma grand-mère ait trouvé une boîte avec mon prénom était fabuleux.
Je savais ainsi qu’elle l’avait achetée que pour moi, pour mon anniversaire, pendant ses vacances en Ardèche.
Je ne me rappelle plus des autres cadeaux que j’eus ce jour là.
Seule cette boîte compte.

Depuis lors, j’adore les boîtes, les jolies boîtes, celles qui ont du vécu, celles qui sentent bon le bois ou la terre ou même le papier.

La fermeture de cette boîte est en métal doré, comme un petit bijou posé sur du bois.
Oh elle a contenu bien des trésors, et aujourd’hui elle veille sur mes crayons.

Je cherchais mon porte-plume en bambou quand je l’ai ouverte.
Je l’ai trouvé mais la plume est cassée et je n’ai pas pu mettre la main sur celles de rechange.
J’avais envie d’écrire à la plume, pour voir, j’écris tellement mal de toute manière …
Mon outil de prédilection est le stylo BIC, affreuse modernité mais tellement confortable.

J’ai aussi retrouvé mon opinel en cherchant mes plumes.
Des années que je ne l’avais pas vu celui là.
Mon père me l’avait offert quand j’étais petite, je m’étais coupé le doigt avec.
Il s’était rendu compte qu’un opinel n’était pas le meilleur cadeau qu’on puisse faire à une petite fille de 6 ans …

La lame n’est pas aussi rouillée que je l’aurais cru.
Il faudra que je m’en occupe, il pourrait me servir maintenant que je suis plus habile de mes doigts.

Cette boîte, ces odeurs, cet opinel, ce sont tous des souvenirs d’enfance.
Une enfance pas toujours très heureuse, mais c’est la mienne.
Je choisi d’en garder les meilleurs souvenirs.

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La vieille dame

Posté par lobop le 22 septembre 2011

Elle les quittait toujours quand la passion commençait à disparaître.
Toujours. Elle ne voulait pas que la routine s’installe, elle refusait l’ennui.
Elle préférait être seule plutôt que d’être avec un homme sans être dévorée de passion.

Ils le prenaient mal pour la plupart.
Mais ils ne l’accusaient pas pour autant.
Peut être parce-qu’elle les avait prévenus dès le départ.
Peut être parce-qu’elle savait les choisir.
Peut être parce-qu’ils étaient tous trop fiers pour avouer leur souffrance.

Fiers, oui. Elle les choisissait pour cela.
Elle savait qu’au bout du compte leur fierté serait leur salut.

Elle avait vu un film, un certain soir au cinéma, avec des amis.
En regardant ce film où deux adolescents s’aimaient tendrement, elle avait su que quelque chose était bien mort en elle.
Cette pureté, cette innocence, cette naïveté et cette confiance face à l’amour.
Elle l’avait vécue, il y a bien longtemps, si longtemps qu’elle n’en gardait que de vagues souvenirs diffus.

Elle sut ce soir là que c’était terminé pour elle.
Qu’elle n’aimerait plus jamais de cette manière.

Elle était devenue vieille.
Une vieille dame désabusée et tellement lucide face à l’espèce humaine qu’elle ne faisait confiance à aucune joie.
Qu’elle ne croyait en aucun espoir.

Les compliments la faisaient rire quand ils venaient d’hommes mûrs.
Car elle devinait la concupiscence qu’ils cachaient.
Ces mêmes compliments la rendaient triste quand ils venaient d’hommes jeunes.
Car elle voyait tout l’espoir qu’ils plaçaient en l’amour et toutes les déceptions qu’ils seraient forcés de subir en vieillissant.

Elle provoquait l’admiration chez certaines jeunes femmes, mais elles ne savaient pas qu’il n’y avait que de la tristesse là où elles voyaient de la force, que du cynisme là où elles voyaient de l’humour.

Quand le désir remplace l’amour, quand le fatalisme remplace la douleur.
Que reste-t-il ?
Voici une question qu’elle se posait tous les soirs.
« que suis-je en train de devenir ? »

Pour ne pas devenir folle, elle rêvait chaque jour.
Elle rêvait d’un homme qui saurait faire renaître tout cela en elle.
Elle rêvait d’une relation pure, harmonieuse et exaltante.

Mais quand elle fouillait un peu plus dans son imaginaire trop développé, elle se rendait bien compte qu’elle n’y arriverait pas.
Que même si elle rencontrait un tel homme, elle ne serait pas à la hauteur.
Trop méfiante, trop cynique, trop solitaire.
Elle gâcherait tout.
Et ce qui l’inquiétait le plus au final, c’est que cette vérité là ne lui donnait même plus envie de hurler.

Elle avait tellement aimé être amoureuse.
Elle l’avait été toute sa vie, de plusieurs hommes.
Elle avait confiance, elle savait à l’époque qu’elle portait l’amour en elle et qu’elle saurait toujours trouver un homme à qui le donner.

Mais ce n’est pas la disparition de l’amour qui a fait ce qu’elle est devenue.
C’est la connaissance de l’être humain.

Elle idéalisait les hommes et c’est ce qui lui permettait d’aimer à ce point.
Mais la vie faisant son œuvre, elle apprit à reconnaître les faiblesses, les névroses, les vices de l’être humain.

L’amour qu’elle avait et qui était si pur, si lumineux refusa d’être offert à des êtres aussi instables.
Alors il s’en alla.
Peut être le laissa t elle partir.
Peut être n’avait elle pas la force de le retenir.
La question n’est pas de savoir si elle était fautive ou non.

L’amour s’en alla et laissa un grand vide derrière lui.
Elle tenta de le combler par le désir, l’érotisme.
Mais cela aussi la lassa.

Elle avait toujours su finalement qu’un jour elle serait seule.
Quand elle cesserait de camoufler son intelligence qui effrayait tant ses compagnons.

Et elle avait désiré cette solitude depuis l’enfance.
Elle l’avait appelée si fort.
Elle avait tant prié pour être capable de se passer des autres.

Alors elle ne pouvait pas être en colère contre la vie qui l’avait menée là.
Car au final, elle avait réalisé son rêve.
Un rêve amer.

Tellement apte aujourd’hui à se passer des autres qu’elle en était incapable d’aimer un homme.

Elle ne regrettait pas non, elle savait qu’elle devait en passer par là, par cette étape, et elle en retirera toutes les leçons qu’elle contient.

Elle espère juste que la prochaine sera moins douloureuse.
Mais elle en doute.
Elle se surprend déjà à souhaiter, à prier alors qu’elle sait que c’est de là que son état est venu.

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Malédiction

Posté par lobop le 20 septembre 2011

Non non, je ne dors pas. Non non, toujours pas.
Il y avait des choses étranges dans l’air, aujourd’hui, ce soir, cette nuit.
Ce sont ces choses là qui m’empêchent de dormir.
Ça, et les rêves éveillés…

Ces choses que je n’arrive pas à définir, à nommer, à reconnaître.
Les conversations, oui, des gens autour, tellement à vif.
Comme si je pouvais percevoir derrière leurs voix, leur détresse, leur violence.
« Regardez moi ! Écoutez moi ! »

Chaque mot, chaque parole, chaque voix criait la même chose.
« Je te hais toi serveur qui attire le regard de celle que je convoite. »
« Je te hais toi client qui me traite comme un serviteur. »
« Je te hais toi ami qui n’accorde pas assez de crédit à ce que je dis. »
« Je te hais toi femme qui ne me regarde pas. »

Tant de cris, de rires forcés, pour extérioriser la douleur dans l’urgence.
Hurler la souffrance tout en faisant comme si … tout allait bien.

Sont ils sourds pour ne pas s’entendre ? Pour ne pas entendre la haine qu’ils crachent tous ?
Sont ils aveugles pour ne pas voir qu’ils sont tous en train de se tordre de douleur ?
Sont ils idiots pour croire qu’ils sont les seuls à crier ? Pour croire que les autres sont différents ?
Comme des pantins finalement, qui ne souffriraient pas, qui ne vivraient pas ?

Je me suis tu. J’ai écouté tous les cris.
J’ai vu leurs contorsions de douleur.

Après je n’ai plus pu parler.
Choquée par tant d’horreur.
Comme si j’étais étrangère, comme si j’avais comme malédiction la lucidité dans un monde de fous.

Ils ne m’intéressaient pas non, car je savais tout d’eux.
Et sans aucune prétention, j’ai été surprise moi même de cette clarté, de cette compréhension …
Je me suis tu et j’ai attendu … que le calvaire cesse…

Comme un rêve de fièvre. Un cauchemar de guerre.
Qu’on ne peut pas contrôler, qu’on est condamné à regarder.
Spectateur de l’innommable.
Témoin de l’horreur.
Sans pouvoir rien faire, ni se battre, ni crier, ni mourir.
Les yeux grands ouverts à regarder ce qui ne devrait pas être vu, ce qui ne devrait pas exister.

La haine installée dans les âmes.
La peur ancrée dans les souffles.
Les voix, mélodies d’agression.

Cette société change l’humain en monstre.
Et moi … je ne dors toujours pas.

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Les plumes blanches

Posté par lobop le 14 septembre 2011

Un parterre de plumes blanches.

Les plumes blanches … ça vous colle dessus comme des insectes envahissants.
Ça cherche à entrer dans vos narines, vos yeux, votre bouche.
Ça colle à vos doigts ça s’emmêle dans les poils des bras.

Les plumes blanches … partout.
Recouvrant mes chaussures, et le bleu de mon jean.

Les plumes blanches … plein les cheveux.
Ça vous englobe dans un silence, un silence de jour de neige, de jour de décembre, de jour de vacances d’hiver à la maison.
Ça doit être tout ce blanc qui fait le silence.

Finalement, le noir est bruyant, il évoque la peur, les cauchemars, les monstres sous le lit, le chaos.
Le blanc lui, étouffe tout, apaise, jusqu’à nos têtes, vole les pensées.
Le blanc dénonce l’inutilité des colères, des révoltes, des émotions.
Le blanc c’est l’acceptation de la mort, du non-être.

Allongé dans la neige à faire un ange.

Les plumes blanches … collées aux murs et au plafond, formant un tapis épais, moelleux sur le sol.
Volant dans les airs comme des milliers de morts.

La soufflerie … languissant ronron, assourdissant silence, oppressante routine.
Un quart d’heure passé ici que l’on devient fou.
Une demi heure de plus et le bruit n’existe plus.
Les sens s’habituent, on ne l’entend plus la soufflerie.
Ne reste que le silence.
Parfois on tente de se concentrer pour percevoir de nouveau le bruit.
On y arrive presque, puis les plumes blanches effacent tout.

Les plumes blanches … qui se collent aux parois des poumons.
Quelle curieuse sensation que d’étouffer dans un décors aussi aérien.
Il me semble que ma chemise était bleue … pas du même bleu que mon jean, non.
Bleu plus foncé.
Je ne la vois plus.

Il n’y a que du blanc.
À rendre aveugle, sourd et muet.
À vous choquer, à perdre la raison.
À vous frapper d’un mutisme absurde.
À hurler de silence.

Alors quand il est entré, quand il est apparu au milieu des plumes blanches, j’ai voulu faire parler la folie.
J’ai levé mon poing, qui tenait une arme.
Un révolver.
J’ai tiré, droit dans son cœur.

Les plumes blanches … ont étouffé le bruit.
Mais ce n’est pas important.
Mes yeux voient le rouge tacher les plumes, le sang imbiber le blanc.
Il s’est effondré en soulevant un nuage blanc, un nuage de mort.

Je l’ai regardé pendant quelques minutes.
Jusqu’à ce que les plumes blanches le recouvre tout entier.
Du sang je ne voyais plus.

Les plumes blanches … c’est la folie qui nous prend face à la perfection.
Cette folie, c’est le refus du divin.
Le divin, c’est l’horreur des plumes blanches.

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Solitudes

Posté par lobop le 11 septembre 2011

Je n’ai pas assez rêvé cette semaine, j’étais trop occupée.
J’ai envie de me balader nue chez moi, dans tout mon lieu. C’est ce que je fais.
Alors je m’allonge là et j’essaie de rêver.

Je rêve de sensualité parce que j’en manque.
Je rêve de caresses. Elles sont comme … une absence … une blessure mortelle en mon cœur.

J’entends ma voix, qui est la preuve de ma solitude … se parler à soi même …
J’entends les êtres qui vivent au delà des murs.
J’entends les êtres qui aiment … loin.

Rien ne m’atteint.
Il faut que je rêve.
Pour trouver l’espoir, pour trouver la force de continuer, de me battre, d’avancer, d’écrire, de vivre.

Tu dis que ta vie n’a pas encore commencé.
Et pourtant tu es en plein dedans. Je suis en plein dedans.
Il va bien falloir l’accepter ça aussi.
Ma vie est telle que je la vis.
Elle est réelle, même si je rêve.
Même si elle n’est pas à la hauteur de mes projets.

Le bruit de la vie des autres me dérange, m’obsède.
Je suis dans ma boîte. Je ne veux entendre que le silence de ma vie.
Que le silence. Toute seule.

Pourquoi n’aurais-je pas … pourquoi n’aurais-je que les inconvénients de la solitude ?
Pourquoi n’aurais-je pas les bénéfices ?
Pourquoi n’ai-je pas le silence, l’apaisement, le calme ?
Ce n’est pas l’heure … du calme.

Je vis de façon décalée.
Je vis hors du temps des hommes.
Je vis sans me soucier de l’horloge.
Je vis à un rythme qui n’est que le mien.
Mais qu’il me faut pourtant accorder avec celui des autres. Du mieux que je peux.
Car je suis si seule

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Il y a des jours

Posté par lobop le 2 septembre 2011

Il y a des jours où la vie m’est pénible.
Des jours où je me traine moi même comme un boulet à la cheville.
Des jours qui s’imposent après d’autres jours où le bien-être était présent, le calme, la joie de vivre, l’apaisement.
Ça ne dure jamais longtemps.

Je me réveille un matin avec l’impression que tout ceci n’est qu’une illusion.
Qu’il n’y a pas de raison à ce bonheur de vivre, à cette joie simple.
Que je n’ai fait que me mentir à moi même.

Il y a des matins où il me semble que tout ce que j’ai créé à la sueur de mon stylo est nul, mauvais, et ne devrait pas exister.
Des jours où j’ai envie de tout jeter, de tout déchirer, d’ouvrir les fenêtres en grand pour balayer ma vie d’un vent glacé.
Et pleurer sur mes pieds gelés.

Des jours où je voudrais fuir loin au nord, loin de toute ma vie, loin de tout confort.
Pour ne plus décevoir, me décevoir.
Des jours où j’ai peur de la nuit qui va venir imposer son lot d’insomnie, de solitude et de page blanche.
Des jours où tout me blesse, où je m’en veux de croire à des rêves, où je ne fais confiance à aucune joie.

Des jours où je ne me sens capable de rien.
Où je me prends en pleine tronche la réalité de mes tares.
« pourquoi tu ne finis rien Laure ? Pourquoi tu te désintéresses ? Pourquoi tu n’arrives pas à t’accrocher ? Pourquoi n’as tu aucune auto-discipline ? »
Des jours où je me sens terriblement nulle.
Où je ne veux voir personne pour ne plus usurper l’identité de quelqu’un de bien.

Je veux travailler, mais ce que j’écris me gonfle.
Je veux être à la hauteur de ce que mes amis voient en moi, à la hauteur de la vie dont je rêve, mais ma force s’épuise trop vite.
J’ai longtemps cherché cette force chez les autres, chez un homme.
Mais je ne veux plus, je n’ai plus confiance, et puis cela ne m’a jamais réussi.
Je me suis endormie dans l’amour, l’amour qui devait me pousser à me réveiller, qui devait me donner l’énergie d’avancer …
Des chaines, voilà ce qu’ont été ces amours, des chaines me tenant prisonnière auprès d’hommes qui ne voulaient pas avancer.

À présent seule, oui, plus de chaine, oui, mais plus non plus de bras pour me consoler en ces journées tristes.
Plus d’épaule pour me porter et me permettre de voir ce qu’il y a au dessus de l’obscurité.
Je rampe dans des couleurs sombres, dans des gaz suffocants, plus de mains pour me soulever de terre et me remettre sur mes pieds.

Pourquoi est ce si dur d’avancer seule ?
Pourquoi suis je condamnée à ne jamais aller à la même vitesse que les hommes que je croise ?
Pourquoi a t-il fait demi-tour, lui qui courait aussi vite que moi ?
Et aujourd’hui, j’imagine qu’il a prit un autre chemin pour ne pas avoir à faire la route avec moi … cette usurpatrice des mots, du jeu, de l’amour.

Il me semble ce soir, que je ne suis à la hauteur de rien.

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