Un Chapeau

Posté par lobop le 3 août 2011

Un chapeau pourquoi pas.

Ça parle suédois par la fenêtre.
J’ai trop d’énergie en moi.
Mon corps est si fatigué.
Les enfants jouent.
Les jeux font les enfants.
Une armée de vélos se repose.
Deux arbres frères qui font l’amour.
Un paquet de cigarette sous une couverture.
Ça manque de jasmin, de lavande et de genévrier.
Cette ville n’est pas Berlin, il faut accepter que tu n’y sois pas.
Je dessine vraiment de plus en plus mal.
Un jouet perdu sur le bitume.
Il n’y a pas assez de nuit ici.
Ce banc de bois me réconforte.
Ses mains me manquent.
Une odeur de café me fait sourire.

Et puis le ciel s’étire encore et encore, il y a trop de ciel ici, les nuages filent, menacent puis fuient, comme lui, loin, là où je ne peux les voir ni les atteindre.
La lune me regarde et je me cache dans mon châle.
Je parle anglais dans ma tête, pour que les mots me blessent moins.
Des larmes ? Pourquoi faire ?
Ma douleur est sèche, contemplative, je ne suis que le témoin d’un monde fou.
Qui tourne et fonce vers son explosion.
Mes yeux écarquillés, je vois…
frappée par l’absurdité de la souffrance,
abasourdie par l’inutilité de ma douleur,
je vois des êtres malades lutter contre leurs symptômes en se cachant la cause, la source de cette peste qui les ronge.

Useless, oui, encore une fois,
et vous qui avez peur d’aimer, oui, vous tous, qui fuyez la magie.
Vous ne comprenez pas non, que c’est là votre seul remède.
Que sans elle vous périrez, seul en votre cœur de n’aimer personne.
Vous ne comprenez pas qu’elle est la base de tout.
Mais vous vous accrochez à vos souffrances, à vos douleurs qui vous donnent un air profond.
Torture, victime, peur, fuite, refus … mais ne voyez-vous pas que tout ceci n’est que violence ?

Une pluie fine, dernière caresse, froide oui mais tellement plus chaleureuse que les regards morts que je croise.
Ils me prennent pour une malade à me voir rire sous la pluie, mais malade je le suis bien moins qu’eux qui partent se réfugier dans leur triste solitude.

Il y a peu de gens à qui parler ici.
Il y a peu de gens dans le monde.
Je n’aime pas parler aux robots, c’est épuisant.
Mon énergie est pour les hommes.

Je regrette tellement ce que tu es devenu, toi qui fut mon meilleur ami.
Je regrette tellement que tu ais arrêté de chercher pour te contenter de peu.
Tu méritais tellement mieux.
Sans doute étais-tu épuisé.
Pourquoi suis-je toujours la seule à me battre ? À continuer de chercher ?
Ils se sont tous arrêtés en chemin, et m’ont reproché de continuer à avancer.
Seulement je ne peux faire autrement.
Les robots me font peur.
Je ne veux pas être un robot.

Un chapeau, oui, j’aimerais bien un chapeau.

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