pour que la vie ait un goût

Posté par lobop le 20 mai 2011

Je regarde la pluie tomber par la fenêtre ouverte.
Bientôt j’aurai des voisins en face et ils auront l’impression que c’est eux que je regarde.
J’aimerais un paysage vide au lieu d’un immeuble.

Des plaines recouvertes d’herbes brûlées par le soleil.
De grandes étendues ocres et un ciel de crème.

Pour perdre mes yeux dans un monde mort, dans un paysage où rien ne bouge.
Alors peut être que je sentirais la vie en moi, mon cœur battre, l’air entrer dans mes poumons, mes intestins fonctionner.

Dans un silence absolu je pourrais entendre mes pensées, décortiquer ce capharnaüm et en sortir de vraies idées.
Sans voiture qui passe dans la rue j’aurais l’impression d’être la seule en vie.
Et peut être alors ne verrais-je enfin que l’essentiel.
Peut être pourrais-je oublier une fois pour toutes ces émotions superficielles. Pour ne me concentrer que sur la principale, la plus importante: le bonheur d’être en vie.

J’ai bien du mal, enfermée entre quatre murs, au deuxième étage d’un immeuble coincé entre d’autres dans une rue étroite, à m’évader, à rêver d’une terre de repos, d’une terre vide.

Pourtant ma tête a créé bien des paysages, bien des endroits; un temple juché en haut d’une montagne inaccessible, une yourte perdue en plein désert mongol, une petite maison au bord d’une falaise, une grotte cachée derrière une cascade, une cabane de bûcheron en Alaska.
Tous ces lieux dans lesquels j’ai rêvé vivre ne suffisent plus.

J’ai besoin de m’évader physiquement. Dans un lieu vide et toute seule.
J’ai besoin de décevoir définitivement ceux qui m’entourent en partant sans prévenir personne. Juste en laissant un mot disant « je suis partie, ne me cherchez pas, je reviendrai, peut être… »

Mais j’en suis incapable. Parce que je les aime. Parce que j’ai peur de leur faire mal. Parce que j’ai peur d’être toute seule au retour.
Parce que j’aime mon confort, j’aime mes chaînes et mes entraves. J’aime avoir quelque chose qui me retient.

Alors j’essaie à nouveau de m’évader dans ma tête, les paysages ne suffisant plus, je me perds dans le rêve d’une histoire d’amour impossible, destructrice mais tellement excitante.

Elle me fait mal mais me donne l’impression d’être en vie, la douleur reste une sensation et c’est toujours mieux que d’en avoir aucune.
Le feu m’attire, j’ai besoin je crois de me brûler les ailes.
Pour avoir quelque chose à raconter, à écrire, à vivre, à pleurer.
Pour avoir un souvenir qui plus tard me rendra nostalgique.
J’ai envie de me jeter dans les flammes tout en sachant que je vais être brûlée, carbonisée sur place.

Et je n’en attends pas plus. Une fin heureuse me décevrait.
Je n’arrive pas à croire que je cherche la douleur.
Suis je complètement folle pour souhaiter qu’on me fasse souffrir ?

J’ai besoin d’avoir quelque chose de fort qui m’arrive à moi.
J’ai besoin de savoir que je peux encore souffrir d’amour.
Que j’ai encore un cœur, une innocence, une naïveté.

Un cœur oui, mais pour l’innocence et la naïveté, j’ai bien peur qu’elles aient disparues.
Parce que je n’ai aucun espoir, je sais ce qui arrivera.
Soit il se lassera, se désintéressera, et j’en souffrirai (ce qui serait la meilleure option finalement), soit nous serrons deux à avoir mal, à être déchirés par une passion, une obsession prenant trop de place dans nos esprits, avec aucun amour possible au final.
Aucune possibilité de bonheur là dedans. Aucune fin heureuse. Aucun apaisement.

Mais je crois, je crois bien, qu’il faut le vivre pour que la vie ait un goût.

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rions un peu

Posté par lobop le 11 mai 2011

Putain c’que j’ai mal au crane.
Tous les soirs, ou presque. J’en ai marre de gober des cachetons pour ça.
J’ai l’impression que tout mon corps est en déséquilibre constant. J’manque de tomber dans les pommes à chaque fois que je me mouche. Ou alors c’est ma narine gauche qui se met à saigner.
J’ai l’air con avec un bout d’coton dans l’pif.

J’vois sa photo à lui, ce sourire là qui ne m’est pas adressé. Il n’est pas si beau que ça finalement, enfin en photo, en vrai c’est une autre histoire…
J’ai l’impression de me détacher de tout.
J’ai envie de rire un peu, alors rions.

J’voudrais le voir nu et être déçue.
J’voudrais le baiser dans l’espoir qu’il s’y prenne comme un branque.
Qu’il m’embrasse mal avec une haleine de chiotte.

Qu’il me parle de trucs stupides et inintéressants, qu’il soit lourd, beauf, ennuyant à mourir.
J’voudrais le voir se curer le nez, l’entendre péter et roter en s’marrant.

Qu’il pue, qu’il soit con, pas doué et moche.
Avec des ongles crades, des mains calleuses, des poils dans le dos, de la cire dans les oreilles, le cul plat, des poils de nez qui dépassent, des yeux d’veau, des pieds sales et une ptite bite.

Qu’il habite encore chez sa mère, qu’il ne jure que par le foot et le tunning.
Qu’il soit fan de Laurie et de Justin Bieber.
Qu’il regarde la star’ac tous les soirs.
Qu’il court au ciné voir le dernier fast and furious.
Que ses seules lectures soient « l’équipe » et « playboy ».
Qu’il connaisse tous les films de Clara Morgan par cœur.
Qu’il n’ait jamais entendu parler de Sophocle.
Qu’il croit qu’un puma est une chaussure.
Qu’il ait les dents pourries aussi ça serait bien.
Que sa meilleure pote s’appelle Villageoise.
Qu’il mette des joggings et des chaussettes dans ses tongues.
Qu’il aille à la plage en slip de bain.
Qu’il ait une voix d’meuf et aucune virilité.
Qu’il soit raciste, homophobe et mysogine.
Qu’il ait l’air con quand il danse.
Qu’il ait des morpions, des mycoses et des hémoroïdes.
Qu’il soit toujours de mauvaise humeur.
Qu’il ait un prénom à la con, Robert ou Raoul ferait l’affaire.
Qu’il soit secrètement amoureux de sa sœur.
Qu’il vote extrême droite.
Que son héros soit Chuck Norris, Van Damme ou Steven Seagal.
Qu’il pense que les habitants de la Grèce s’appellent les Gréçois.
Qu’il soit capable de s’étouffer avec un bretzel.
Qu’il confonde le mur des lamentations, le mur de Berlin et la Grande Muraille de Chine.
Qu’il se coupe les ongles des pieds au restaurant.

Voilà, un homme comme ça je suis sure de le fuir.

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révolution crânienne

Posté par lobop le 10 mai 2011

Un petit coin en plus, dans ma chambre, pour pouvoir écrire.
Sous la fenêtre, un coussin posé par terre, mon pc portable sur le coffre à coté, juste pour la musique finalement et pour recopier les feuilles de papier que je noircie avec mon stylo BIC.

Me suis couchée épuisée à 22H30 … moi qui vais jamais me pieuter avant 5H du mat.
J’ai commencé à penser à l’homme perdu, puis des musiques, des chansons se sont infiltrées dans mes pensées et m’ont emmenée dans le sommeil.
Des rêves étranges, d’hommes qui sont passés dans ma vie le temps de quelques parties de jambes en l’air et de bonnes tranches de rigolades. Des hommes que je ne regrette pas mais dont je suis toujours ravie d’avoir des nouvelles.

Et puis, forcément, je me réveille à 4 heures du matin, en pleine forme avec l’envie d’écouter de l’électro, de prendre mon carnet et d’écrire.
Alors j’installe ce petit coin dans ma chambre pour ne pas déranger Bidule qui pionce dans le salon, et aussi parce que le cul par terre sous la fenêtre ouverte je me sens bien mieux à ce moment là précis pour écrire qu’à mon bureau.

Il faut que je me rachète des carnets, des blocs de feuilles à petits carreaux.
Je l’ai pratiquement mangé celui là, il me reste moins d’une dizaine de feuilles.
Oui moi je mange du papier, je bouffe des pages, c’est ma came, y a que comme ça qu’je me sens vivante.
En noircissant des carnets entiers avec mes conneries.

Une amie de plus m’a demandé d’illustrer un jour ses écrits, c’est fou le nombre de personnes qui me prêtent des compétences que j’ai pas.

L’homme perdu ne m’a pas recontactée depuis quelques jours, après avoir insisté pour qu’on se revoit, il fait le mort.
Tant pis, tant mieux, je sais pas, ce soir j’m'en fous, demain ça m’fera chier, ça m’fera mal, mais ce soir j’m'en fous.
Ce soir j’écoute de l’électro-tribale et j’écris en rythme tout ce qui me passe dans la tête.
Ce soir je suis ravie d’être seule parce qu’avec un homme dans mon pieu j’aurais pas pu me lever pour écrire en écoutant de la zic.
J’aurais certainement préféré m’envoyer en l’air à la place. Quoi que … pas sûr … j’m'en fous de toute manière c’est pas l’cas.
Ce soir putain, je l’aime ma solitude.
Cette nuit je suis libre et j’aime ma vie.

J’ai passé une journée vraiment bizarre en fait, une journée où j’ai tout sorti, en larmes et en mots.
Une journée où j’ai vomis mes rêves à la gueule du monde.
Une journée où j’ai dis « Ta gueule » à ceux qui voudraient les détruire parce qu’eux ne rêvent plus.
Une journée où j’ai dis «  J’t'emmerde connard » à ceux qui sont raisonnables et qui voudraient me remettre les pieds sur terre.

J’veux pas devenir aigrie, je veux rêver toute ma vie d’un monde meilleur, d’un monde où tout le monde rêverait, où personne ne se contenterait de peu, où tout le monde se battrait contre les carcans. Où tout le monde dirait merde à la politesse bien pensante. Où plus personne n’aurait peur d’exprimer ses sentiments, ses opinions, ses ressentis. Où tout le monde respecterait ceux des autres.

Ouai je sais, c’est une putain d’utopie, mais j’ai envie de rêver d’ça, j’veux pas m’arrêter de rêver qu’un jour ils se réveilleront tous pour s’affirmer.
Ça serait un sacré bordel n’empêche, ça renverserait tous les gouvernements, démocraties, républiques, monarchies, dictatures, juntes … tout ça aux chiottes dans un bain d’sang.
Ouai ce soir je suis anarchiste parce que j’ai l’énergie d’une révolution, parce que j’ai envie de secouer tout le monde, parce que j’ai l’espoir qu’on soit plus que des primates évolués.
Parce que j’ai envie que chaque personne se réveille demain en se disant :
« j’ai un cerveau, et si j’m'en servais ? »

Bien sur il y en a plein qui s’en servent. Mais j’aimerais qu’ils l’utilisent pour dire merde à toute cette hiérarchie qui les gonfle. À toute cette pression qu’ils se foutent, à tous ces actionnaires, publicités qui hurlent « Vendez ! Achetez ! Mais consommez BORDEL ! »
Je rêve que chaque être humain se lève en criant :
« non j’veux pas qu’ma vie soit dirigée par le fric ! »
« non j’veux pas exploiter des mômes chinois, j’veux pas donner raison à TF1, j’veux pas vendre mon cerveau à Coca-Cola, j’veux pas avoir à choisir entre Sarkozy et Le Pen, j’veux plus payer une électricité nucléaire, j’veux plus faire un boulot de con qui m’fait chier, j’veux vivre ma vie et faire c’que j’aime ! »

Bien sur c’est facile de dire ça, je n’accuse personne, je respecte tout le monde, surtout ceux qui font un boulot de con parce qu’il faut bien bouffer.
Mais même si tout ça c’est pas possible, même si vous avez pas envie de crever la dalle sous prétexte de vous révolter, même si vous avez des gosses à nourrir, et surtout, d’ailleurs, si vous avez des gamins, n’oubliez pas vos révoltes, vos désirs, vos rêves. Devenez pas des putains de machines bonnes à se faire bouffer par TF1.
Partagez vos rêves avec vos mômes, peut être qu’eux ils arriveront à réaliser les leurs.

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Lettre à mes amis

Posté par lobop le 9 mai 2011

J’ai comme l’impression que d’avoir sorti mes tripes donne la liberté à chacun de sortir les siennes.
allez y, j’adore ça, y a que ça de vrai finalement, y a que ça qui donne des vrais frissons.
La poésie m’emmerde quand elle ne parle pas de cul, la prose me fait chier quand elle ne parle pas de merde.
Les textes me passionnent quand ils parlent de nos peurs, de nos manques, de nos coups de gueules, de nos fantasmes, de nos douleurs.

J’en ai rien à foutre des différences d’age, de couleurs, de sexe, de culture, de niveau social.
J’en ai rien à foutre des cases dans lesquelles la société voudrait nous mettre.
Je chie sur la politesse bien pensante qui voudrait nous empêcher d’exprimer ce qu’on ressent.
Je crie et chiale de joie quand ça me plait, quand c’est Vrai, je hurles et vomis quand c’est adoucie, censuré, lissé pour que ça passe.
Je déteste le savon doux, je nettoie à la javel.
J’ai les pieds noirs parce que je n’ai pas fait le ménage chez moi depuis un bon bout de temps.

J’aime pas les hommes qui sentent le parfum, le déodorant, un homme en sueur qui sent le sexe me fait mouiller mon slip.
Et tant pis si ça choque.

J’veux vous connaître, vous tous, vos faiblesses, vos forces, vos putains de défauts que je ne supporterai pas, vos merveilleuses qualités que je n’ai pas.
J’ai envie de vous écrire, de vous dessiner, de vous peindre, de vous danser, de vous faire vivre des aventures incroyables dont vous reviendrez chamboulés.
Vous m’engueulerez quand je déconnerai trop ou quand j’essaierai de me ranger.
Je vous pourrirai la gueule quand vous vous trahirez, vous enfermerez, quand vous cesserez d’évoluer pour vous contenter de ce que vous avez, quand vous serez sur et certain de la moindre petite chose dans votre vie, quand vous arrêterez de chercher.

Parce que je vous aime, je vous aime quand vous vous battez, quand vous réfléchissez, quand vous essayez de trouver un sens à cette vie de merde et pourtant délicieuse.
Je vous aime quand vous souffrez parce que cela me montre que vous avez un cœur immense, je vous aime quand vous êtes heureux parce que votre optimisme me porte.
Je vous aime au plus bas de votre moral, quand vous grattez la merde en vous demandant si un jour vous parviendrez à remonter.
Parce que je sais alors que vous êtes vivants, humains et merveilleusement imparfaits.
Vous me faites rêver, vous me grandissez, vous me portez.
Je vous aime avec mon cœur, mes tripes et mes poumons, avec mes bras et mon dos quand je danse, avec mes doigts quand j’écris.
Je suis là pour partager vos joies et vos malheurs, pour vous soutenir, vous pousser ou bien vous foutre des coups de pied au cul.

Ne me décevez pas: soyez vous même.

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J’veux

Posté par lobop le 9 mai 2011

C’est une journée étrange, du soleil du rire et une amie.
Une chanteuse qui me touche avec ses mots, sa voix sincère, son humour d’une femme qui est aussi « passée par là ».
C’est une journée étrange, un mélange d’espoir, d’envie et de tristesse. Un fatalisme qui me tombe dessus quand je me reconnais dans ses chansons.
Quand mon image de femme seule, blessée, trahie me revient dans la gueule.
Quand l’envie me prend d’un coup de trouver un homme qui saurait me faire rêver sans jamais me blesser.
Qui supporterait tous mes défauts, mes faiblesses, mes angoisses en me disant juste « t’es chiante mais j’t'aime ».
l’envie de faire des enfants, d’avoir une famille heureuse qui mange en riant autour d’une table, voir ses yeux pleins d’amour qui me regarderaient de l’autre bout de la table.
Le plaisir de se retrouver une fois les enfants couchés.

Et puis j’ouvre mes yeux sur mon petit 45m² vide à part moi, avec mon bordel de célibataire et je me sens piégée, enfermée, punie.
« t’es pas assez bonne pour être aimée, on va te cacher là dedans, personne ne veut de toi, t’es pas assez bien pour avoir droit à tout ça ».

De l’autre côté je vois le regard des gens plein de pitié face à mon célibat.
« ne lui en parlons pas surtout, ne la mettons pas mal à l’aise, ne la blessons pas. Enfin c’est vrai qu’elle pourrait faire des efforts pour plaire. Un peu de maquillage, des jolies fringues, une coupe de cheveux aussi … elle n’est pas laide mais elle se met pas en valeur ! »
Je vous emmerde chers amis, famille bien pensants.
J’ai pas envie de me transformer pour un homme qui ne le mérite pas.
J’ai pas envie de m’inventer une autre personnalité pour plaire à un homme qui en vaudra pas le coup.

J’veux un homme qui m’aime les cheveux en pagaille, le visage tout chiffonné, en pyjama ou en jean crade.
J’veux un homme qui m’aime avec mes yeux rouges à force de soirées à cloper devant l’écran d’mon pc.
J’veux cette belle complicité que j’avais, mais cette fois avec l’amour qui manquait.
J’veux plus souffrir à me demander s’il m’aime.
J’veux pouvoir lui envoyer des ptits messages pour rien, l’appeler juste pour entendre sa voix sans passer pour une tarée.

J’veux le voir sourire quand il me voit entrer dans la pièce.
J’veux voir dans ses yeux l’amour et le bonheur qu’il a d’être avec moi.
J’veux plus avoir la sensation de le déranger.
J’veux qu’il ait peur de me perdre, qu’il me séduise tous les jours.
J’veux qu’il se confie à moi, qu’il me raconte ses blessures qu’il n’a jamais partagées avec personne.

J’veux qu’il soit paniqué quand je pleure, par peur que ce soit de sa faute.
J’veux plus voir l’indifférence devant ma peine.
J’veux qu’il la partage et ait mal avec moi comme j’aurais mal avec lui.

J’veux qu’il se passionne pour ma vie, que son rêve soit d’y avoir la première place.
J’veux qu’il ait envie d’entrer dans mes écrits, qu’il soit fier quand je m’inspire de ses idées pour mes textes.

J’veux qu’en rentrant le soir il me tende une fleur qu’il aura cueillie sur le bord de la route, juste parce qu’elle lui avait fait penser à moi.
J’veux qu’il soit impatient que je lui lise mes histoires.
J’veux qu’il les consigne pour pouvoir les lire à nos enfants plus tard.
J’veux l’écouter les lire, allongée dans le lit de mes ptiots, les tenant dans mes bras, passionnée par sa voix.

J’veux qu’il me joue des chansons rigolotes qu’il aura composées pour me sortir de ma mélancolie.
J’veux qu’il me parle de ses livres préférés, qu’il me donne envie de les découvrir.
J’veux qu’il fasse le clown quand ça lui prend et qu’il me fasse danser pour m’embêter.
J’veux qu’il soit fier de me présenter à ses amis et à sa famille, qu’il ait hâte de rencontrer les miens.

J’veux qu’il soit angoissé à l’idée de rencontrer mon père et de ne pas lui plaire.
J’veux qu’il soit reconnaissant à mes parents pour m’avoir donné la vie.

J’veux qu’il me regarde avec tout plein d’admiration dans les yeux quand ma mère lui racontera mes bêtises de petite fille.
J’veux qu’il m’dise qu’il veut des marmots, des mini-nous qui courent partout.
J’veux qu’il embrasse mon ventre en me disant qu’c'est la plus belle des maisons du monde.

J’veux être surprise tous les jours par son intelligence.
J’veux qu’sa sagesse me serve d’appui quand la colère me prend.
J’veux qu’il me soutienne dans mes révoltes, qu’il me pousse à m’affirmer.

J’veux qu’il me dise que je suis une belle personne, qu’il me protège contre les mauvais gens.
J’veux qu’il me connaisse par cœur et qu’il n’ait aucune envie de me changer.
J’veux qu’mes défauts s’atténuent sous son influence et qu’mes qualités s’amplifient.
J’veux rayonner grâce à lui.

J’veux qu’il me dise combien il est fier d’être aimé par moi.
J’veux qu’il ne puisse pas supporter une journée sans moi.
J’veux être son pilier, comme il serait le mien, sans quoi son monde s’effondrerait.

J’veux tout ça, et plus encore ! Et j’veux lui donner tout ça aussi.

Voilà pourquoi je suis seule aujourd’hui chers amis, voilà pourquoi j’me maquille peu, pourquoi j’me fringue mal, pourquoi mes cheveux ont repris leur liberté.

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La Marche

Posté par lobop le 8 mai 2011

Je suis au nord de tout sur une terre désolée.
Le soir s’étire indéfiniment et je marche dos au soleil couchant.

Je cherche la nuit, le repos.
Je désire l’obscurité.

Que les couleurs se perdent dans un gris commun.
Que le ciel orange s’éteigne.
Que l’air s’apaise et retombe.

J’ai besoin du noir pour me retrouver, me soigner.
Pour faire une pause dans cette marche infinie.
Pour mettre en suspend cette vie de nomade.
Pour pleurer sur mes pieds ensanglantés, blessés par la terre rude et aride.

Je veux la nuit pour pouvoir être faible, faible de me coucher sur le sol, autorisée à me rouler en boule.
À me recroqueviller sur ma peine.
Pour reprendre mon souffle et sentir mon odeur, crasseuse, souillée par la poussière de la marche, dégoulinante de la sueur des combats.

Ma bouche aux lèvres craquelées cherche la fraîcheur.
Plus que de l’eau elle veut que le soleil arrête de la harceler.
Mes yeux asséchés par trop de lumière réclament l’obscurité, réclament de n’avoir plus rien à voir.
Mes mains pendent mollement au bout de mes bras épuisés, inutiles, ça fait bien longtemps que je n’ai plus bougé mes bras en marchant.

Seules mes jambes avancent. Et ma tête dressée cherche le noir.
Mes pieds traînent et s’écorchent sur le sol, laissent des traînées de sang indiquant le chemin à personne.

Car il n’y a plus personne sur cette terre, la vie a tout repris, mais elle m’a oubliée.
Je veux la nuit pour avoir un semblant de mort.

Le soleil a tout brûlé, mes cheveux, ma peau, mes rêves.
Et il me regarde de son œil perfide lutter jour après jour contre lui, condamnée à me battre pour l’éternité.

Je le sens se coucher dans mon dos, le ciel s’éteint, les couleurs s’évanouissent, mon ombre s’étire jusqu’à disparaître dans l’obscurité.

Mais je le vois déjà revenir, se lever en face de moi et je hurle mon désespoir de ne pouvoir trouver la nuit.

Il entame un nouveau cycle, contrainte et épuisée de tout je reprends la marche.

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