immense

Posté par lobop le 22 avril 2011

J’aimerais le rencontrer cet être que j’ai dans la tête.
Tu lui ressembles un peu, mais pas assez, jamais assez.
Il a dans le regard une force inébranlable,
sa bouche est folie sensuelle, passionnelle et éternelle.
Son nez est caractère, personnalité, il s’affirme sur son visage.
Dans ses mains se créent toute les choses de la vie, elles sont magiciennes, il est créateur.
Son dos droit peut me porter moi et ma peine jusqu’à la fin des temps.
Ses bras sont immenses, grâce à eux il va chercher les roches au fond de l’océan.
Son torse est un pays, une terre d’asile pour ma salive et mes dents.
Son cou inspire les parfumeurs depuis des siècles, et mon nez s’y balade respirant, ô privilège, le goût de sa sueur.
Je pourrais te parler des années durant de ses cheveux, doux océan caressant la fierté de son front.
Et mes doigts, telles de petites embarcations fragiles qui plongent, voguent et virent dans les vagues de ses mèches.
Il a aussi de beaux sourcils sombres, fournis, et quand il les fronce le tonnerre gronde.
Il ne les froncera jamais contre ma petite personne, car il saura que cela me tuerait.
Cet être immense saura trouver ce qu’il y a de grand en moi, le sublimera, je serai sa muse, il sera ma force.
Il m’entourera de ses grands bras pour me protéger du froid de l’indifférence, de la brûlante jalousie des petits êtres, de la douleur de la vie.
Le matin il me fera l’amour tendrement pour m’assurer un éveil empli de joie.
Tout le jour il saura me pousser à m’améliorer et étouffera mes angoisses.
Le soir, au moment du sommeil, il m’embrassera le dos pour empêcher les cauchemars d’y creuser leurs sillons.

J’aimerais le rencontrer cet être que j’ai dans la tête.

411

Publié dans ressentiments | 1 Commentaire »

rêve de bretagne

Posté par lobop le 5 avril 2011

rvedebretagne2.jpg
Une petite maison, seule dans un près donnant sur une falaise, une lumière blanche et la mer en colère.
Voilà à quoi je pense alors que je suis assise à l’arrière d’une voiture.
Accompagnée de ma mère, de ma tante et d’une amie à elle, nous rentrons d’une journée à Saint Malo.
Finalement, je préfère la Bretagne en solitaire, sans qu’il n’y ait personne qui fasse la conversation.
Qu’on me laisse m’assoir sur les rochers et perdre mes yeux dans la mer aussi longtemps que nécessaire.
Je pourrais vous raconter alors qu’en ce monde il faut chercher un lieu où l’on est en accord avec soi-même, un lieu où l’approbation des autres est inutile, un lieu où ce que l’on ressent est la seule chose qui importe.

Cet endroit que je ne voudrais partager avec personne, à moi, rien qu’à moi et aux oiseaux.
Des mouettes et des cormorans qui viendraient témoigner de la présence de la vie sans déranger ma solitude bienfaitrice.
En ce lieu, je n’aurais nul besoin de peindre ou d’écrire le paysage.
Je le garderais entier dans ma tête et le regarderais changer au fil des saisons.
Je permettrais au passé de s ’effacer, n’oserais rien pour influencer l’avenir.
Je ne serais là que pour profiter de la vie qui passe, goûter l’air et sentir le bruit du vent.
Pas de jardin ou de potager par peur de souiller mon univers, une chèvre, peut être, pour se repaître des herbes folles, un pommier pour amuser les oiseaux.

Dans ma maison blanchie à la chaux, un sol de bois et des murs blancs.
En bas, une grande pièce claire qui s’épanouirait dans un constant et joyeux bordel.
Un escalier, toujours en bois, monterait dans une unique chambre où il n’y aurait pour tout mobilier qu’un lit aux draps blancs et une chaise où poser mes vêtements.
Un livre de chevet qui changerait selon mon humeur et peut être un petit miroir pour jouer avec le soleil sur les murs.
De ma fenêtre je verrais le ciel vide, les falaises et l’océan qui les fouette.

Je penserai certainement à vous, mes amants, en cette pièce de chasteté, je me rappellerai des mains, des peaux, des lèvres qui pourraient me manquer.
Puis je vous chasserai bien vite de mon esprit en entendant l’appel de la mer.

J’aurai un bateau aussi, un frêle esquif, un petit vaisseau pour m’emmener me perdre un peu plus.
Loin des terres, au milieu des mers.
Avec une boussole et une carte du ciel, je chercherai le pays des sirènes, la porte d’Avalon, le royaume de l’Atlantide.
Je pêcherai oui, les poissons fatigués qui en ont marre de nager, les âmes perdues de celtes égarés ou bien les trésors des bateaux vikings naufragés.

Je me laverai dans les embruns de l’océan, prendrai mes bains quand la mer se sera calmée.
Le sel piquera ma peau, y laissera des lignes blanches qui me feront ressembler aux rochers.

Emmitouflée dans une couverture de laine, je marcherai sur la falaise, de jours comme de nuit, pieds nus et tant pis si je tombe.
Chaque soir sera une fête d’être toujours en vie pour regarder ce paysage.
Chaque matin j’irai embrasser l’océan, mon seul amant en cette vie de recluse.

Mais que ferai-je donc de mon temps ? Me demanderez-vous .
Mais vous voyez bien que mes journées seront chargées, de sentir, de goûter, de toucher le paysage, de lire et de relire mes livres préférés, de taquiner les murs avec mon petit miroir, de me baigner et de jouer avec la vie.
Pour le reste du temps, je pourrai toujours retrouver des activités futiles, comme écrire mes ressentis par exemple, lire à voix haute des passages de comédie, songer à donner des nouvelles ou bien à revenir dans la vie réelle, puis éclater de rire en abandonnant aussitôt cette idée saugrenue.

Nous arrivons à Rennes, le voyage est terminé, la rêverie doit s’en aller. J’irai l’écrire ce soir, cela me donnera une bonne excuse pour être seule avec mes pensées.


 

rvedebretagne.jpg

avril 2011

Publié dans textes tout cons | 1 Commentaire »

bleu

Posté par lobop le 3 avril 2011

C’est bleu, bleu clair, bleu glacier.
Je ne suis pas habituée, j’ai coutume des univers sombres, marrons, noirs, vert de gris.
Ce bleu est nouveau et il m’aspire.
Je reste sans voix. Je ne sais plus quoi dire.
Mes doigts tremblent un peu.
Tout ce bleu qui me ramène à l’immensité de l’océan.
Toute cette lumière dans ce bleu.
Je suis toute petite face à ce bleu, et pas seulement, ce qu’il y a derrière aussi.
La vie, l’histoire, d’un être qui m’intrigue ; passionnant sans le savoir.
Juste un moment passé ensemble à essayer de se connaître.
Et ce bleu qui me happe, qui me fait douter de tout, et je n’aspire qu’à pouvoir rester silencieuse en face de l’océan.
Je détourne mon regard pour retrouver mes mots.
Concentre toi voyons ! Tu as des tas de choses à dire !
Oui mais face à l’immensité de l’océan tout semble superficiel, idiot, inutile.

Il est surpris de me voir si peu manger. Moi aussi.
Mais je comprends alors que je n’ai pas faim, je n’ai pas faim car je me nourrie déjà autrement.
De ce que me donne ce bleu, qui m’impose une infinité de choses à analyser, à comprendre, à digérer.
Mon corps n’a pas assez d’énergie pour assimiler deux nourritures à la fois.
Je suis perdue au bord de l’océan.
Chaque vague tend à m’emmener un peu plus loin, alors que je reste fermement accrochée à un rocher, parce que je sais que je risque fort de me noyer.
On ne peut pas nager dans un océan aussi bleu,
on ne peut pas survivre dans un bleu aussi grand.
Alors je résiste, je me concentre sur mes mots et commence à dire des bêtises.
Je veux qu’il arrête d’essayer de m’emmener, je veux qu’il choisisse une autre victime, une autre âme à sacrifier à Poséidon.
Une âme qui sera prête à abandonner la vie pour ne faire plus qu’un avec l’océan.
Agrippée à mon rocher, je détournerai les yeux pour ne pas contempler cette autre s’ébattre dans le bleu.
Depuis toujours l’océan m’a attirée, mais ma peur de me noyer a jusqu’à présent vaincu l’attraction.
L’océan ne se contente pas d’un seul sacrifice.

411

Publié dans ressentiments | Pas de Commentaire »

false birth

Posté par lobop le 1 avril 2011

falsebirth.jpg
Je vis seule, aujourd’hui comme toujours.

Je suis venue au monde dans un univers vide, j’ai ouvert les yeux et je n’ai rien vu.
Alors j’ai décidé qu’il n’était pas nécessaire de voir.
J’ai refermé mes paupières.
Il fait chaud sous mes paupières.
Il fait doux dans ma chair.

Flesh flesh, sweet flesh, bloody flesh, sweet sweet.

Au début j’entendais des sons.
Beaucoup de sons.
Des cris, des bip, des aïe, des merdes.
Je n’ai pas compris à quoi servaient ces sons.
Mais ils m’agressaient, me faisaient peur alors j’ai décidé de ne plus les entendre.
J’ai bouché mes oreilles.

Whisper in my head, deaf deaf, whisper whisper.

J’ai senti sur ma peau une caresse.
J’ai senti la même sous mes doigts.
Quelle douceur, je baladais mes mains tout le long de ma peau, quel bonheur.
J’ai touché quelque chose de très froid qui n’était pas ma peau.
Je suis vite revenue à la chaleur de mon corps.
Je ne cesserai jamais de caresser ma peau.

Fresh skin, lovely body, brush brush.

Autour de moi flottaient des nuages étranges.
Des fragrances inconnues de mes narines.
J’avais le nez fin à ma naissance.
Et même si je ne connaissais pas grand chose, je savais reconnaître une odeur naturelle.
Celle ci ne l’était pas.
C’était une abomination, quelque chose qui n’aurait jamais dû exister.
Une odeur de mort sans les asticots.
Une odeur douceâtre de réalité qui se décompose.

Disgust, smell smell, rotten corrupt corrupt

L’odeur m’a faite vomir, au moment même où je prenais mon premier souffle.
J’ai ressenti une grande brûlure dans mes poumons.
Je n’avais pas encore gouté l’air et je découvrais le goût d’une régurgitation de liquide amniotique avant même de pouvoir savourer l’oxygène.
J’ai senti des coups dans mon dos, mon monde s’est retourné, ma tête vers le bas et encore des coups.
Au moment où j’avais le plus besoin d’aide la vie m’attaquait.
J’ai fait le bilan du monde; rien qui ne méritait d’être vu, des sons agressants, des odeurs répugnantes, un goût de vomi … non vraiment, je n’ai pas vu l’intérêt de cette vie.

Je suis partie.

Je vis seule aujourd’hui, comme toujours, je voudrais juste pouvoir caresser ma peau.

falsebirth.jpg

avril 2011

Publié dans textes tout cons | Pas de Commentaire »

 

ah les peintures de flo |
LE M.U.R. DE L'ART |
Ciel Pastel |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | FestiVous Festival occitan
| joemasse
| Collectif Maquis'Arts &...