quatre mois, deux semaines

Posté par lobop le 29 mars 2011

Je l’ai croisé deux fois aujourd’hui.
J’ai hésité, mais je n’ai pas voulu le saluer, le geste aurait soulevé trop de questions auxquelles je n’ai pas encore de réponse, trop de complications que je ne suis pas prête à assumer.
Il n’était pas accompagné de la bonne personne.
C’est drôle parfois comme la vie s’arrange pour tout associer.
Cela fait quatre mois que je l’ai entièrement sorti de ma vie.
Quatre mois de silence et de tentative d’oubli.
Quatre mois que je n’ai pas ou peu entendu parler de lui.
Ça me convenait bien, me permettait d’avancer le cœur plus léger, l’esprit tourné non plus vers le passé mais bien ancré dans le présent.
Et depuis deux semaines, il revient dans mon entourage.
Mes amis me parlent de lui, il les surprend et moi aussi.
J’en souffre alors je demande à ne plus en parler.
Ne plus parler de ces changements qui opèrent chez lui, trop tard, beaucoup trop tard pour que je puisse en bénéficier.
J’essaie d’être détachée, fière de lui, heureuse pour lui qu’il se réveille enfin. Mais la colère monte.
La colère de ne pas avoir vécu ça avec lui, d’avoir supporté tout le reste pour rien en retour, de savoir que ce sont d’autres personnes qui en bénéficient.
Deux semaines qu’il est revenu dans ma tête.
Et je le croise, à la terrasse d’un café accompagné d’un ami qui m’a trahie, qui m’a blessée il y a presque un an.
Et sur le chemin qui me sépare de lui après l’avoir dépassé, je fait le bilan de tout ce qu’il s’est passé depuis notre rupture.
Tous ces amis qui juraient ne jamais me laisser tomber, d’être toujours là pour me soutenir.
Et qui sont partis eux aussi, effrayés de me voir avancer, changer, vivre.
La douleur de ces amitiés brisées me revient comme un coup de poing dans la gueule.
L’incompréhension devant la vue d’un agneau qui attaque, d’une mère qui jette son enfant par la fenêtre, d’une eau qui se change en poussière.
Je n’aurais jamais pensé non, jamais imaginé que des gens puissent changer autant, devenir méchant, blessant après des années de complicité, d’intimité, d’amour profond bien que platonique.
Quatre mois et je le croise, deux semaines et je rêve de lui.
Je rêve que nous faisons l’amour, cela me semble si réel, mon cerveau a une mémoire incroyable, il se rappelle de tout, jusqu’à la sueur qui fait boucler ses cheveux, le goût de sa peau, la force de ses mains.
Je rêve que je me réveille et qu’une amie est là pour me soutenir.
Et puis je me réveille vraiment, et personne n’est là, je me réveille seule dans une vie triste. Mon amie est trop loin, je pourrais l’appeler oui, mais je n’y pense pas. Je n’y pense jamais. Verbaliser ma douleur la rend trop réelle.
Je me suis brûlée, ébouillantée la main juste après l’avoir croisé deux fois, comme si la vie me punissait de ne pas l’avoir salué. Ou comme si elle me ramenait à la réalité, me sortait de mes pensées de la manière forte. Ou bien comme si elle voulait me donner une excuse pour aller mal.
Accepter sa douleur. Le plus dur finalement. Cela fait un an et demi, et j’ai l’impression que c’était il y a six mois. Et je souffre de savoir que pour lui cela semble des siècles.
Je suis de son passé, il est de mon présent.
Quatre mois, deux semaines …

311

Publié dans ressentiments | Pas de Commentaire »

juste un arbre

Posté par lobop le 24 mars 2011

« Charlie, il est l’heure de manger ! »
ça c’est Maman qui m’appelle,
mais je ne peux pas lui répondre, je n’en ai plus la capacité.
Je crois bien que je me suis transformé en arbre.
J’étais en train de jouer dans le fond du jardin, là où j’ai ma cachette secrète, et je ne sais pas ce qui s’est passé. Je suis tombé je crois, du haut de mon arbre.
Mon arbre est un cerisier, un grand et fort cerisier.
Maman m’a expliqué un jour que cet arbre était beaucoup plus âgé que nous, plus âgé que ma grand mère qui est pourtant bien vieille !
Été comme hiver je monte à mon arbre, quand il a des fruits j’essaie de les manger avant que les oiseaux n’arrivent. Je ne gagne pas toujours, mais quand je gagne, je gagne surtout un bon mal de ventre qui me tient au lit pendant trois jours.

Je me rappelle, les branches étaient un peu gelées et mon pied a glissé.
Je suis tombé.
Je ne peux plus bouger, je ne peux pas parler.
Je n’ai pas froid, je ne sens même pas la dureté du sol gelé sous moi.
Ma situation n’est pas inconfortable, je n’ai même pas mal. J’aurais imaginé qu’après une chute pareille j’aurais mal partout, mais je ne sens rien.
J’aimerai bien pouvoir parler quand même, le ciel est si beau au dessus de moi, le jour se couche et je vois la lune qui commence à monter prendre sa place. Il n’y a pas de nuages ce soir.
Un ciel d’été, mais en hiver .
J’aimerai appeler Maman pour qu’elle regarde ce spectacle avec moi.

« Charlie où es tu ! Le repas va refroidir, si je dois venir te chercher gare à toi ! »
je n’ai pas vraiment faim en fait alors c’est pas très grave.
Il y a une fourmi qui grimpe sur ma joue, ça chatouille mais je ne peux pas l’enlever, je n’arrive pas à lever mon bras, ni à bouger ma main.
Je crois que mes membres sont en train de prendre racine dans le sol.
Il va falloir que je m’habitue aux inconvénients de la nature si je deviens un arbre.
Quand je me serai fait une écorce ça me chatouillera moins.

La mousse se réchauffe sous ma tête, elle était craquante de gel tout à l’heure quand je l’ai touchée.
Là on dirait une éponge humide. Maman va crier quand elle verra l’état de mes cheveux.
De toute manière elle va déjà crier parce que je ne rentre pas dîner.

« Charlie bon sang où es tu ? Si c’est une blague elle n’est pas drôle ! »
j’entends les pas de Maman qui sort dans le jardin.
Si je pouvais je lui dirais où je suis pour pas qu’elle me cherche trop longtemps.
Je l’entend chercher partout, elle a l’air de paniquer.
« Paul ! Viens m’aider je ne le trouve pas ! »

Paul c’est mon père, il aime pas trop qu’on le dérange quand il regarde la télé, mais c’est pas un mauvais gars.
« rho mais c’est pas vrai ce gosse, toujours à se cacher quand il faut pas! »
j’entends mon père qui continue à bougonner puis qui arrête brusquement, j’imagine qu’il a vu la panique dans les yeux de ma mère.
C’est vrai que la situation devient un peu inquiétante.
Je suis bien ici, mais pour mes parents ça va être dur d’accepter que je sois devenu un arbre.
« t’as cherché près du cerisier ? »
mon père est un homme pragmatique, il trouve toujours la bonne réponse, le bon endroit, le bon moment.
J’entends leurs pas se rapprocher rapidement.
Puis un cri qui vient de ma mère.
Et un
« Merde ! »
ça c’est mon père et pour une foi Maman ne le reprend pas sur son vocabulaire.
Je vois leurs deux visages se pencher sur moi.
« Charlie-mon-Charlie-Qu’est-ce-que-tu-as-Tu-t’es-fait-mal-Pourquoi-tu-réponds-pas-Charlie-mon-coeur-mon-ange-mon-bébé-Charliiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiie ! Paul fait quelque chose ! Qu’est ce qu’il se passe ? »
mon père ne parle pas, il a la bouche ouverte et les yeux écarquillés.
Je me demande ce qui le surprend, peut être que des feuilles ont commencé à pousser sur mon corps. Non on est en hiver.
Ma mère continue à parler très vite, je ne comprends plus rien à ce qu’elle dit.
« Jocelyne ta gueule ! »
ça la coupe net, je n’ai jamais entendu mon père lui parler comme ça.
« va chercher le téléphone, vite ! »
ma mère se lève, soulagée d’avoir enfin une utilité dans cette situation qu’elle ne connait pas.
Ma mère n’a pas l’habitude de ne pas connaître quelque chose, elle est prof !
Seul avec mon père je vois ses pensées passer à toute allure dans ses yeux.
« Charlie mon fils, on va s’occuper de toi, tu vas voir tout ira bien, on est là »
je regarde mon père et essaie de le rassurer avec mes yeux, je veux lui montrer que tout va bien pour moi. Mais il ne comprend pas. J’aimerais sourire mais ça ne fonctionne pas. Les arbres ne sourient pas.
Ma mère revient en courant avec le téléphone.
Mon père le prend et compose un numéros.
J’entends « vous avez composé le numéros des urgences, gardez votre calme nous allons vous répondre … les urgences bonjour, quelle est votre situation géographique ? »
mon père garde son calme et répond « 8 rue du clos de la chaume, à beaune les mines à coté de Limoges »
« qu’elle est la cause de votre urgence ? »
« je viens de trouver mon fils allongé par terre au fond du jardin, il ne bouge plus ne parle plus mais il est conscient. »
« a t’il fait une chute ? »
« je ne sais pas … oui je pense, il a du monter à l’arbre et tomber. »
« d’accord nous envoyons des secours, restez près de lui et réchauffez le… »
ma mère: « oh mon dieu oui il faut le couvrir » elle court à la maison tandis que mon père enlève son pull pour le mettre sur moi. Ça ne change pas grand chose mais ça a l’air de le rassurer.
Ma mère revient avec des plaids, des couvertures, elle a dû dévaliser la maison de tout son textile, il y a même la nappe.
Mes parents attendent ensuite près de moi ils me disent quelques paroles qu’ils veulent rassurantes mais gardent surtout un silence angoissé. Ma mère pleure en essayant de cacher ses sanglots, pour ne pas me faire paniquer.
J’entends des sirènes au loin.
Des hommes arrivent en courant, il restent longtemps au dessus de moi, il y en a un qui parle à sa radio, je ne comprends pas ce qu’il dit car deux autres me parlent.
Celui de la radio termine sa conversation et s’approche de moi. Derrière lui je vois deux autres hommes en train de parler à mes parents dont un qui essaie de canaliser ma mère.
L’homme se met au dessus de mon visage et me dit:
« t’inquiètes pas bonhomme, on va te déplacer pour t’emmener à l’hôpital, tu risque peut être d’avoir un peu mal mais je n’ai pas le droit de te donner de calmant pour l’instant. On va y aller tout doucement. »
Lui je l’aime bien, il a l’air de savoir ce qu’il fait, j’aimerais leur dire que ce n’est pas la peine, que je suis bien ici à coté de mon arbre, mais ils ont l’air d’y tenir et puis il est gentil.
Le voyage en samu se passe bien, ils mettent les sirènes et ça me fait plaisir, ma mère est à coté de moi elle me dit que mon père nous suit en voiture mais qu’il sera là quand nous arriverons. Oui c’est sur, ma mère dans son état est incapable de conduire, il vaut mieux que ça soit papa qui prenne la voiture, elle risquerait de l’abimer, et la voiture elle est toute neuve.
Le samu s’arrête, les portes s’ouvrent et il y a un médecin et deux infirmiers qui attendent et prennent le brancard.
On me change de brancard pour entrer dans l’hôpital. Ils courent dans les couloirs j’ai l’impression de glisser à toute allure entre les gens.
J’arrive dans une salle verte, ils me mettent sur une table, me font une piqure et je m’endors.

Je me réveille dans une lumière diffuse, c’est la nuit et je suis dans une chambre, il fait assez clair pour que je vois les murs et le plafond blanc au dessus de moi.
Je ne peux toujours pas bouger, j’essaie de parler, c’est un échec.
Le médecin entre accompagné de mes parents et d’autres médecins plus jeunes.
Il voit que je suis éveillé. Ma mère pleure encore et mon père a les yeux rouges.
Le médecin se tourne vers eux et leur demande s’ils veulent rester seuls un moment avec moi.
Mon père acquiesce.
Mes parents, une fois le médecin parti, s’assoient à coté de mon lit, assez près pour être dans mon champ de vision.
« Charlie mon chéri, tu as eu un grave accident. Tu es tombé du haut du cerisier. Tu … »
un sanglot empêche ma mère de continuer.
Mon père prend le relais
« … tu es tétraplégique, ça veut dire que … tu es paralysé, tout ton corps est paralysé, tu ne peux plus bouger ni parler. »
ma mère se met à pleurer très fort à coté.
« nous ne savons pas encore si ton état est irréversible, mais nous ferons tout ce que nous pourrons pour combattre cette paralysie… c’est un très bon hôpital ici, tu verras, les gens sont très gentils et ils s’occuperont bien de toi. Bien-sûr nous viendrons te voir tous les jours … nous t’apporterons tout ce que tu aimes, que tu aies à coté de toi … tes .. nounours … ou tes livres … enfin … »
mon père s’arrête de parler, il regarde ses mains croisées sur ses genoux, je le vois lutter pour ne pas pleurer. Ma mère est effondrée sur le lit elle répète « mon bébé, mon ange, mon cœur, ma vie » encore et encore à voix basse.

Je comprends alors que je suis coincé ici, qu’ils m’ont emmené là pour que j’y reste.
J’aimerais leur dire de me ramener dans le jardin, qu’on ne peut pas prendre racine dans un hôpital, qu’un arbre ne peut pas pousser dans une chambre!
Ils vont m’empêcher de devenir un arbre et je ne peux pas leur dire.
Je regrette la mousse sous ma tête et même la fourmi qui me chatouillait.
Je voudrais hurler que ce n’est pas juste. Que je veux retourner à coté du cerisier, de mon ami, que lui il saura m’apprendre à être un arbre.
Je veux sentir le vent dans mes branches et les oiseaux piailler et faire leur nid tout contre mon tronc. Je veux faire des cerises !
… ici je ne peux pas. Ici … ici … je ne suis qu’un petit garçon paralysé… inutile … alors que là bas je serais devenu un arbre magnifique… alors que là bas …

311

Publié dans textes tout cons | 2 Commentaires »

puni

Posté par lobop le 17 mars 2011

Ma sœur est une petite fille sans nom.
Elle n’a pas non plus de visage.
Je discute parfois avec elle à travers le bois, nous faisons semblant de toucher nos mains.
Nous nous échangeons nos regards par l’intermédiaire de la lune.
Les soirs où il n’y a pas de lune elle n’existe pas.
Il n’y a que papa qui existe ces soirs là.
Papa … je ne sais pas ce que je lui ai fait à papa mais il est très en colère contre moi.
Depuis le jour où je suis né.
Je suis un être dangereux m’a t on dit, je n’ai pas le droit de voir les autres enfants.
J’ai mon univers tout en haut de la maison, il est tout de bois, il faut faire attention aux échardes et pour m’accompagner j’ai une poupée que ma sœur a un jour réussi à me glisser sous la porte.
C’était avant que papa répare la porte. Maintenant on ne peut plus que passer des feuilles de papier.
Alors ma sœur me fait des dessins, et elle me les glisse.
Ainsi je sais à quoi ressemble le monde. Il y a tant de couleurs sur ses dessins à ma sœur.
Dans mon monde il n’y a que le marron du bois et la couleur du ciel que j’aperçois par la petite lucarne, tantôt bleu, tantôt gris tantôt noir.
Dans le monde de ma sœur il y a du rose, beaucoup de rose. Mais il y a aussi du jaune.
J’adore le jaune, j’aimerai que tout soit jaune.

Au début de mon existence il n’y avait pas ma sœur, il n’y avait que moi et papa.
Papa pleurait beaucoup, il ne me regardait pas dans les yeux, dès que j’ai su marcher il m’a amené dans mon monde, mon royaume.
Au début j’ai crié, et puis il m’a expliqué que j’avais été très vilain et que je devais être puni.
Je ne voulais pas au début bien-sûr, personne n’aime être puni !
Mais il m’a bien expliqué, il m’a dit qu’un jour la punition serait terminée, que je serais un bien meilleur petit garçon et qu’enfin il pourrait m’aimer.

Et puis un jour j’ai entendu des cris, mais pas des cris comme les miens, des cris qui réclamaient à manger, à dormir ou bien à changer.
J’ai compris qu’il y avait un nouvel arrivant dans la maison.
J’ai senti parfois un parfum et des pas, différents de ceux de papa.
L’être qui criait ne pouvait pas tenir sur ses jambes.
J’ai alors compris qu’il y avait deux personnes de plus dans la maison.
L’autre personne n’est jamais venue me voir, je l’entends passer en bas de l’escalier parfois.
Mais je me tais, je ne veux pas mettre papa plus en colère qu’il ne l’est déjà, sinon ma punition ne sera jamais levée.
Ma sœur a découvert mon existence par hasard, elle jouait dans l’escalier tout en haut près de ma porte, je me suis approché pour essayer de la voir. J’ai vu ses mains, elle a vu mon œil .
Depuis nous sommes amis, elle garde le secret car je le lui ai demandé.
Elle me raconte plein de choses, des choses que je ne connais pas. Des choses que j’aimerais voir.
Quand je sortirai je la serrerai dans mes bras et j’irai saluer l’autre personne aux pas secs.
Et peut être papa me pardonnera d’être arrivé dans sa vie sans une maman.

311

Publié dans textes tout cons | Pas de Commentaire »

éternel

Posté par lobop le 17 mars 2011

Voici l’instant que j’ai attendu toute la soirée.
Toute ma vie devrais-je dire.
Je suis venu frustré. Frustré d’une existence emplie d’attente, vide de vécu.
J’attendais ce moment depuis l’age du feu.
J’ai reniflé le goût de la fusion sans jamais pouvoir y mettre ma langue.
Les battements des caissons de basses ont martelé mon cœur tant de fois, je ne pouvais rien y comprendre.
Un organe qui n’a jamais vécu, qui n’est jamais né ne peut reconnaître la vie.
Ce soir je nait, enfin.
Je nait de la manière la plus belle qu’il soit, en arrachant ma vie.
Je refuse qu’on me donne le souffle, je le prends moi même.
J’ai voulu choisir le moment, le vrai instant où tout est magique, où tout coïncide, où tout est là.
Les nourrissons crient à la naissance quand l’air entre dans leur poumons et les brûle.
Je crie alors, je crie ma douleur et ma joie d’être vivant.
Une vie de gestation, la terre m’a porté bien longtemps.
Ton cri me donne tant de force, tu m’accompagnes vers l’éveil.
Après toi je ne serai plus jamais le même.
Tu dois être fière de me changer de me faire nouvel homme.
Tu m’as dit plus tôt dans la soirée, après quelques verres, trop de verres, que tu te sentais inutile en ce monde. Que tu ne servais à rien.
Je t’offre alors l’acte suprême de transformer quelqu’un.
Grâce à toi je me trouve enfin. Et si je te prends de la force, c’est pour mieux m’élever.
Il me faut cette énergie pour faire pousser mes ailes.
La croissance est intense, douloureuse mais nécessaire.
Mes muscles se bandent pour te garder, tu résistes et me donnes l’énergie de ton combat.
Tes cris sont la meilleure musique pour accompagner ma naissance. Tes cris entourés de silence.
Juste tes cris qui résonnent.
Mes ailes sont enfin dépliées, je sens que je vais m’envoler.
… je m’envole …
je plane, je rejoins le ciel et salue les étoiles.
Tu as arrêté de crier et je t’en suis reconnaissant.
J’ai la gorge sèche et lèche ton visage pour m’abreuver à tes larmes. Tu frémis, tes lèvres sentent l’alcool et le sang.
Je prends ma lame et l’enfonce dans ton ventre.
Une vie coute une vie.
Merci.

311

Publié dans textes tout cons | Pas de Commentaire »

 

ah les peintures de flo |
LE M.U.R. DE L'ART |
Ciel Pastel |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | FestiVous Festival occitan
| joemasse
| Collectif Maquis'Arts &...