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musique de liberté

Posté par lobop le 13 février 2011

Sauras-tu comprendre ce que je vis quand j’écoute cette musique ?
Verras-tu toi aussi de fiers guerriers allant combattre pour défendre leur liberté?
Et ces femmes qui dansent devant le brasier, qui tournent et se déhanchent, pour leur donner la force, les devines-tu ?

Je vois une femme aux cheveux rouges, aux yeux noirs, son corps n’est plus qu’un énorme cœur qui bat au rythme des percussions, ses cheveux volent autour de sa tête fouettant l’air de minuscules lames tressées au bout de ses mèches.
Elle se cambre et la lumière du feu laisse deviner ses cotes sous sa chair musclée. Ses jambes sont force et énergie, la pointe de ses pieds envoie son corps tourbillonner en l’air.
De ses bras elle dessine les ailes d’un oiseau qui s’envole, ses épaules sont volupté.
Tout en elle incarne la liberté.

Je vois un guerrier assis devant la danse, il perd ses yeux dans les cheveux de la femme. Ce soir est son dernier moment de calme.
Il pense au combats à venir sans appréhension, car demain il agira selon son devoir. Il vaincra ou mourra pour son peuple.
Pour cette femme aux cheveux rouges qui tourne et s’épuise en dansant afin de lui donner de la force.
Pour les anciens qui font battre le cœur du clan en tapant sur leur tambours.

Je vois ce vieil homme aux yeux blancs, qui a connu lui aussi la violence et le prix de la liberté, qui envoie aujourd’hui ses fils défendre la vie des siens, qui angoisse à l’idée de ne pas les revoir mais qui sait que c’est un mal nécessaire.
Ses yeux sont secs car il n’est pas l’heure de la peur, mais bien celle des dernières réjouissances, l’horreur viendra bien assez tôt.

Je vois deux enfants, un garçon et une fille, ils ne doivent pas avoir plus de quatre ans, ils rient de joie, il sont à la fête, ils ne comprennent pas encore le sens de tout ceci.
Ils courent entre les flammes, ils frôlent les adultes et s’entraînent à les imiter. La petite fille saute partout pour envoyer ses cheveux en l’air, elle danse sur un rythme légèrement décalé. Le petit garçon s’assoie et la regarde, il rie et tape des mains.
Demain leurs pères partiront. Demain leurs mères pleureront. Demain l’ancien leur racontera l’histoire de la guerre.
Pour l’instant ils n’en savent rien.

Puis tout se calme, la nuit est déjà bien avancée et la fête terminée.
Alors le guerrier rejoint la femme au cheveux rouges pour l’étreindre une dernière fois, une dernière nuit.
Les enfants dorment dans les bras de l’insouciance.
Les anciens fument en silence près des braises, ils n’ont plus de sommeil.

Alors le couple s’allonge sur la paillasse, et sans un mot se caresse.
Ce corps, mon amour, que je ne verrai plus, qui sera entaillé par la lame d’un ennemi, que je ne reconnaîtrai pas à son retour.
Cette bouche, mon âme, qui a toujours su me rassurer, qui demain crachera des cris de guerre et souhaitera la mort d’autres hommes.
Ses mains, mon souffle, qui m’ont donné tellement de plaisir, qui s’emmêlaient dans mes cheveux, qui caressaient mes tempes et qui deviendront meurtrières au nom de notre survie.

Nous retrouverons-nous après l’horreur ?
Reviendras-tu le même homme ?
Pourrons-nous partager la même passion après celle de la guerre ?

Je voudrais garder un morceau de toi, je voudrais ancrer ton visage dans mon esprit.
Je voudrais être sûre de ne jamais oublier ton regard, le goût de ta bouche, l’odeur de ton torse et la force de tes mains.
Ce soir notre étreinte est intense, je te mords et te griffe pour te sentir encore plus fort. Je veux fusionner avec toi, une dernière fois avant que tu ne me sois arraché.

Entends-tu à présent leurs cris de liberté, les vois-tu danser sur cette musique, donner leur dernier souffle au combat ? Garder la force de continuer malgré la peur de perdre tout ce qu’ils ont ?
Et d’inculquer à leurs enfants les valeurs de ce combat, l’histoire de leur clan, le respect des êtres libres.
Car la liberté n’est pas gratuite, elle a un prix exorbitant et nous devons tous combattre pour la gagner.
Les musiciens sont là pour témoigner de notre histoire, à toi de recevoir cet apprentissage et de respecter nos ancêtres en n’abandonnant jamais ta liberté.

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discussion 2

Posté par lobop le 11 février 2011

3.jpgIci en haut du pic qui domine le monde, je regarde les étoiles, j’aime de temps à autres les regarder d’en bas.

Ici je suis une molécule d’eau glacée, je reste immobile, je ressens toutes les vies du monde, la montagne me retransmet les vibrations de chaque être qui peuple la terre.

Ici je peux oublier mon omnipotence et sentir le potentiel des autres.


La solitude n’a jamais été un problème, j’ai toujours été seul, car je suis un être unique.

Enfin, un être, je ne suis jamais né, est on vivant quand on n’est jamais nait ?

Nous pourrions en discuter des heures durant.

Mais le fait est là : j’existe, je suis le seul de mon espèce, enfin peut on parler d’espèce quand il n’existe et n’a jamais existé qu’un seul spécimen ?


« j’ai froid »

oui, nous allons redescendre petit chat, mais regarde un peu les étoiles, tu ne trouve pas que c’est un spectacle magnifique ?

« ne pourrait on pas les regarder au chaud ? »

si bien sur, mais cela serait beaucoup moins beau.


Je suis aussi une étoile tu sais ? En fait je suis tout.

« tu veux dire que tu peux te changer en n’importe quoi ? »

non, je suis chaque chose, je n’ai pas à me changer ou à me déguiser. Chaque élément qui existe est une part de moi, je suis tout et rien à la foi.

Je n’ai pas de forme ni de fonction prédéfinie.

« miaou j’ai du mal à comprendre »

et bien, tu as été une boule de suie, tu es aujourd’hui un petit chat, te sens tu différent ?

« je peux faire plus de choses maintenant que j’ai des pattes, je peux manger et digérer les aliments, je peux chasser… mais non je ne me sens pas différent, je suis le même être qu’avant. »

voilà, tu commence à voir l’être que je suis, je peux être tout ce qui existe tout en restant le même être.

Je traverse les ages depuis la création de l’univers et je reste le même.


« pourquoi m’as tu amené ici ? »

tu avais soif de comprendre ce que je suis, alors je te montre, cet endroit est un de mes préférés de la terre, j’ai décidé de commencer par là.

Si je t’emmène dans les autres endroits que j’aime il faudra que je te transforme.

« pourquoi ? »

ta condition de petit chat ne te permettrait pas de survivre là où je t’emmènerai.


Connais tu la musique petit chat ? C’est une chose merveilleuse qui éveille les émotions. Elle existe depuis aussi longtemps que moi.

« je croyais que c’était l’humain qui avait créé la musique ? »

oh non ! L’être humain est juste incapable d’entendre les autres musiques.

Les étoiles fredonnent, les comètes dansent, les galaxies sont des symphonies, les trous noirs ont une voix de basse profonde et les planètes montent dans les aigües.

« mais il n’y a pas de son dans l’espace ! »

il n’y en a pas si tu es incapable de les entendre. Je te donnerai le sens de les percevoir.


Je peux voir la musique, entendre les couleurs, sentir l’odeur d’une collision entre deux comètes, gouter la joie d’un électron, toucher l’amour d’un arbre.

« et ronronner au coin du feu ? Tu sais faire ? »

oui nous allons redescendre petit chat, je ferai en sorte que notre prochain voyage te soit plus confortable.


L’endroit t’a t il plu ?

« oui, je dois reconnaître que c’est très joli, mais je n’aime pas la température, où irons nous la prochaine foi ? »

au fond de l’océan

« brrr, t’as intérêt à me changer en poisson »

je trouverai même mieux.

3.jpg

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