• Accueil
  • > Archives pour septembre 2010

j’m'appelle Jo

Posté par lobop le 20 septembre 2010

Je m’appelle Jo, Josh, Joshua.
Je suis conducteur de taxi. C’est mon job. Je l’ai choisi parce que c’est pas compliqué, enfin, pas compliqué pour moi.
J’ai 44 ans.
J’ai pas d’femme et pas d’enfant. Mon seul pote c’est mon frangin, Herm, Hermi, Hermann.
Ouai, nos parents avaient l’sens de l’humour.
Ils l’avaient, ils l’ont plus.
Maman parce qu’elle est morte, papa parce qu’il croupit à l’hospice rongé par Alzheimer depuis 15 ans.
Herm il tient un kiosque à journaux. Une boite en féraille, dans laquelle il s’enferme toute la journée, tapissée de feuilles de choux et de photos de meufs à poil.
Il a honte de son taf.
Quand il drague il dit qu’il est libraire ou une connerie de ce genre.
Ouai, Herm il aime les gonzesses, mais elles, elles en ont rien à foutre de sa gueule.
Alors le soir ben on s’retrouve tous les deux.

Moi j’ai plût à des nanas à une époque. Entre 25 et 35 balais je crois.
Mais j’ai jamais voulu en marier une. Faire des gosses, prendre un crédit, les repas du dimanche … puis quoi encore ?
Non et puis Herm m’a souvent facilité la tache.
Les meufs que j’avais ne le supportaient pas, j’peux les comprendre, ils est particulier Herm, mais merde c’est mon frère !
Alors quand ça devenait intenable pour la nana, ben j’me barrais.
J’retrouvais mon frère et on s’marrait.

Depuis gosses on a toujours été comme cul et chemise.
On n’a qu’un an d’écart. Je suis le plus grand.

On s’prend souvent la tête, c’est pas la question, quand on a trop bu ou pas assez.
Mais à la différence d’une nana, c’est qu’avec Herm, on a pas à s’faire des excuses.
Ça gueule, ça passe, on s’en fout. C’est mon frère.

On a une sorte de loisir depuis qu’on est mômes.
Le soir après l’taf on prend tous les journaux du jour, les invendus et on s’fait notre journal.
Chacun le sien, à coup de ciseaux et de colle, on mélange tout.
Les pornos avec Pèlerin Magasine, Le Monde avec Voici…
après on se lit nos articles maison.
On s’marre bien quand même.
On imagine la tête des gens s’ils lisaient nos articles.
Y a des fois ça vole pas haut, la plupart du temps même.
Mais on s’en fout personne d’autre que nous les lit.
Tous les soirs, dans ma piaule, on oublie nos vies.

Quand Herm ramène une gonzesse, parce que ça arrive des fois, je la plains presque.
Elle fait pas partie de notre monde, et elle en fera jamais partie.
D’ailleurs, quand Herm en ramène une, c’est mauvais signe, ça veut dire qu’il en a marre et qu’il veut la faire fuir.
Alors comme bon frangin je m’y applique.
Je fais des avances crades à la nana, je lui dis qu’entre frère on partage tout.
Même si c’est des conneries ça marche plutôt bien.
Herm se marre dans son coin en se bourrant la gueule.
Il n’ajoute pas foi à c’que je dis mais ne nie pas non plus.
Au bout d’un moment la meuf se barre en nous traitant de connards, cinglés, déchets etc …
et on fini la soirée bourrés comme des coins à discuter de la friabilité des passions amoureuses.

Mais ce soir la meuf qu’il a ramenée elle était pas comme les autres.
Déjà quand il est rentré dans ma piaule il en menait pas large.
La nana qui l’accompagnait était petite, menue, blonde.
Plutôt jolie avec une coupe à la garçonne.
Des yeux marrons en amande. Et une bouche à vous filer une demi-molle.
Elle s’est assise en tailleur par terre dans son jean qui lui collait au cul, assez bandant son cul d’ailleurs, et nous a regardé faire nos conneries avec un ptit sourire.
J’arrivais pas à définir ce sourire.
Un peu comme un sourire moqueur,
un peu comme un sourire de shootée.
Un sourire de meuf qui sait et qui sourit parce que toi tu sais pas.
Ça m’a énervé ce sourire à la con.
Pour qui elle se prenait c’te fille à venir chez moi et sourire comme ça?
J’ai décidé de pas y prêter attention.
Herm l’avait faite venir pour que je la fasse fuir alors autant m’y coller de suite.
J’allais être le pire connard que j’avais jamais été et une fois qu’elle se serait barrée je verrai plus jamais ce petit sourire sur sa gueule de conne.
Mais là, problème, la meuf elle réagissait pas.
J’avais beau péter, roter, dire les pires saloperies du monde, elle restait assise là à sourire.

J’ai commencé à m’agacer. Je lui parlais de plus en plus mal.
Elle répondait à toutes mes questions poliment, sans jamais changer de ton et sans jamais lâcher son putain de sourire à la con.
Au bout d’un moment j’ai décidé de l’ignorer.
Me suis dit qu’elle finirait par se barrer.
Aucune meuf ne supporte qu’on les ignore.
Mais au bout de 2 heures elle était toujours là.
Et je la voyais là, assise sur le tapis à nous regarder couper nos journaux avec son putain de sourire en coin.
J’me suis senti jugé.
Elle devait s’dire qu’on était deux pauv’merdes.
Moi à conduire des taxis et Herm à vendre des journaux.
Pour se retrouver là le soir à faire nos blagues de mômes avec nos papiers, nos tubes de colle et nos ciseaux en picolant du whisky.

J’aurais pu aller la peloter pour la faire fuir. J’l'ai déjà fait ça.
Mais elle, je sais pas, j’avais pas envie de la toucher, pas envie de m’en approcher.

Je m’énervais de plus en plus, je me suis mis à l’insulter, la traiter de connasse, de pute, de bouffeuse de bite.
Herm dans son coin regardait ses pieds, faisait comme s’il était pas là.
Et elle, elle bronchait pas, elle restait là assise en tailleur à sourire.
Elle avait un débardeur rose, je lui ai dit qu’il était moche, qu’elle avait pas d’seins, qu’elle ressemblait à rien.
Elle s’en foutait.

J’ai commencé à lui balancer des trucs. La bouteille de whisky vide, la lampe, la table de chevet.
Elle a tout évité, juste en inclinant la tête ou son corps, sans lever son cul.

Et elle continuait à sourire putain.

Puis à un moment elle s’est levée.
Elle a dit
« y a une fuite de gaz dans l’immeuble, vous êtes morts depuis 5 heures. »

elle s’est dirigée vers la porte et a rajouté:
« ça va pas tarder à exploser, j’me barre ».

et en effet, au moment où son ptit cul a disparu dans le couloir, ça a pété.

Je m’appelle Jo, Josh, Joshua et putain j’aimais bien conduire mon taxi.

Publié dans textes tout cons | Pas de Commentaire »

une petite faim

Posté par lobop le 2 septembre 2010

Je suis une fille adorable.
Serviable, souriante, polie, timide mais point trop, sociable et discrète à la foi.
Ouverte d’esprit, toujours un mot pour rassurer ou faire plaisir.
Assez drôle ma foi quand je veux.
Et assez intelligente pour le cacher.

De plus je suis plutôt agréable à regarder.
Non, vraiment, je suis une fille adorable.
Tout le monde s’accorde à le dire.

Mon seul défaut c’est que je suis anthropophage.
Attention, ce n’est pas une maladie, mais plutôt un péché mignon.

Je me nourris comme tout le monde, mais parfois quand je rentre chez moi, tandis que d’autres auraient envie d’une bonne bière, moi je rêve de croquer dans un bras.
Bien sur, ce n’est pas un hobby facile à réaliser.
Ça arrive donc rarement. Mais quand ça arrive …

hum le plaisir de croquer dans la peau, toute douce et si fragile, de la sentir céder sous mes dents.
Le plus gênant ce sont les cris, oui bien sur je n’aime pas croquer les morts, c’est froid et chiant à mâcher.
Non mais les cris, franchement,
« Merde, moins de bruit, je mange ! »

Je n’ai pas toujours été anthropophage.
Bien sur j’ai toujours eu ce qu’appellent les psy une déviance alimentaire.
Je préfère manger les animaux vivants.
Ce qui réduit les possibilités aux lapins, poules, canard et autres petits animaux.
L’anthropophagie m’est venu grâce à un merveilleux professeur de faculté.

Je me rappelle très bien de ce jour.
Nous étions en amphithéâtre pour un cours portant sur l’anthropophagie.
Le professeur avait amené plein d’images, photos, dessins, de cannibales se livrant à leur repas préféré: les guerriers du camp adverse à qui ils venaient de foutre une raclée.
Mes camarades étaient verts, blancs, bleus.
Mon ventre a gargouillé pendant tout le cour, mes glandes salivaire n’ont pas cessé de fonctionner m’obligeant à déglutir constamment.

À la fin du cour, quand le professeur nous a demandé si nous avions des questions, j’ai levé la main.
Moi, étudiante modèle, appliquée et discrète, n’intervenant jamais en cours par excès de timidité, j’allais poser une question.
Le professeur était ravi.
Il me donna la parole et je demandai mourant de faim, « avez vous des recettes ? ».
Tout l’amphithéâtre s’écroula de rire.
Sauf le professeur qui eut un moment d’hésitation avant de sourire.

Il me remercia d’avoir détendu l’atmosphère et d’avoir fini cette séance sur une note de gaité.
Il était totalement à coté de la plaque.

Mais je n’ai pas abandonné.
Après le cours, je suis allée lui parler.
Je lui ai fait part de mon admiration pour les sujets qu’il choisissait et sa manière de les traiter.
Cet échange constitua le début de ma première histoire d’amour.
Elle fût très importante bien que brève.
Oui, je l’ai mangé.
Le plaisir sexuel qu’il m’apportait ne me suffisait plus.
J’avais besoin d’un autre plaisir physique, j’avais besoin de l’assimiler.
Alors je l’ai mangé.
Ça n’a pas été chose facile mais j’avais tout planifié.

Nous devions nous retrouver au bord d’un lac pour fêter la fin de mes partiels.
J’avais choisi l’endroit soigneusement pour qu’il n’y est personne à porté d’oreille.
J’avais aussi choisi le repas, mais ça, il ne le savait pas.

Quand il est arrivé nous avons fait l’amour, mais ce qui avant réussissait à apaiser ma faim ne faisait plus que m’exciter d’avantage. Je voulais plus, toujours plus.

Je l’ai obligé à me faire l’amour sept fois de suite.
Je l’ai épuisé.
Ensuite je suis allée chercher des cordes dans le coffre de ma voiture.
Je lui ai dit que j’avais encore envie de lui, et je que voulais faire ça debout.

Il ne tenait plus sur ses jambes alors je lui ai dis que j’allais l’attacher contre un arbre.
Il était d’accord, toujours partant pour mes petites folies et soulagé de savoir qu’il n’aurait qu’à tenir une érection et que je m’occuperai du reste.

Je l’ai donc attaché. Il m’a demandé de le bâillonner. J’étais ravie qu’il me le demande, j’ai horreur d’imposer des choses aux hommes.
Je lui ai donc mis ma culotte en boule dans la bouche, ce qui lui a beaucoup plu.
Je me suis ensuite accrochée à lui comme un koala à sa branche.
Et nous avons commencé à faire l’amour, tout doucement.

Quand je n’ai plus tenu, je l’ai mordu jusqu’au sang. Mon dieu, le goût du sang chaud, impossible de me retenir.
Je l’ai mangé toute la nuit.
Ses hurlements n’ont pas duré très longtemps, il s’est vite évanoui.
Puis quand il a eu perdu trop de sang il est mort.
Je l’ai mangé jusqu’à ce qu’il devienne froid.
Ensuite j’ai regardé le levé du soleil sur le lac, assise sur le sable couverte de sang et repue.

Je ne vous dirai pas comment j’ai caché le reste du corps, je ne veux pas donner des idées à d’éventuels tueurs en série.
Depuis il est très dur pour moi d’avoir des petits amis, parce que quand je commence à mordre je n’arrive pas à m’arrêter.

Je vous rassure, les bébés, les enfants et les femmes ne m’ouvrent pas l’appétit.
Tout de même j’ai une morale !

À part ce petit défaut, je suis une fille adorable.

Publié dans textes tout cons | Pas de Commentaire »

 

ah les peintures de flo |
LE M.U.R. DE L'ART |
Ciel Pastel |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | FestiVous Festival occitan
| joemasse
| Collectif Maquis'Arts &...