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L’ardeche

Posté par lobop le 11 octobre 2006

L’Ardèche, est un lieu calme, sans rien, l’hiver c’est même mort.
Si tu voyais ces étendues de gel, sur les déserts de pierre, l’été il y a les grillons pour accompagner les promeneurs, l’hiver il n’y a pas un bruit hormis celui de l’autoroute à quelques bornes de là, comme pour rassurer l’égaré en lui montrant qu’il y a toujours un brin de civilisation pas trop loin de lui.

Je suis venue ici pour être seule, et j’ai trouvé le lieu idéal,
la maison de famille qui est pleine l’été est entièrement vide l’hiver, elle m’a accueillie les bras grands ouverts, j’ai remis en route le chauffage, et je me suis assise devant un bon thé, comme bagages: quelques fringues bien chaudes, des crayons, du papier,des bouquins, mon appareil photo et plein de pellicules.
Elle n’attendait que moi, pour venir l’aimer une semaine. J’avais l’impression de voir des larmes de joie couler de ses murs quand je suis arrivée.
Je lui ai dit :
« bonjour maison de mon enfance, de mes vacances, je viens te tenir compagnie une petite semaine, on devrait bien s’entendre toutes les deux n’est ce pas ? »
Oui je parle au murs, c’est puéril n’est ce pas ? Enfin bon, je ne sais pas, ça fait du bien je crois de revenir dans des lieux d’enfance.

J’ai passé quelques heures à retrouver toutes les odeurs de cette maison, et puis, après m’avoir assez enivrée d’elle tout entière, je suis sortie avec mon appareil photo.
Je suis allée au bord de la rivière que j’avais toujours vue l’été, elle est si belle l’hiver, j’en suis tombée amoureuse, j’ai pris 26 photos d’elle, mais ce n’est pas suffisant ça ne le sera jamais, alors j’y suis retournée pour la dessiner, elle est merveilleuse dans le froid, elle est sauvage, rebelle, libre.
J’aimerais bien me réincarner en rivière si la réincarnation existe. Si libre…

Je fume une cigarette au bord de la rivière, le froid me bouffe la peau, l’air est si gelé qu’il me brûle les sinus et la gorge, mes poumons réchauffés par la cigarette n’en croient pas leur bronches, un froid si sec …
Mes joues sont lacérées par le vent, mes mains se recroquevillent,
« ne vous inquiétez pas les filles c’est bon pour vous aussi, ce froid est bon, si bon .. »

Je pourrais mourir ici, de froid, devant la rivière, les yeux grands ouverts.

Ce n’est pas encore prévu au programme, alors je me lève pendant que j’en ai encore la force, et je remonte à la maison à pied.
Je me fais chauffer un chocolat chaud, je n’en bois jamais car je ne bois plus de lait, mais là ici, dans cette maison j’en ai envie.
Je regarde la place du village par la fenêtre en buvant mon chocolat.
Je serai bien ici pendant une semaine, à l’abri de tout je serai bien ici.

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